Sadèmes, nouvelles sado-masochistes
Le papillon s'en vole à tire-d'aile et tu peines à le suivre. Contrairement à ce qu'on aurait pu supposer, le couloir n'est pas rectiligne, il ne cesse de changer de direction, qui à droite, qui
à gauche, puis une volée de marches qui montent, une pente douce qui redescend encore plus bas, et soudain au détour d'un coude, tu pénètres dans une salle rectangulaire, au centre de laquelle
une colonne de lumière inonde un petit bassin, une sorte de fontaine carrée, autour de laquelle poussent des fleurs, et de petits buissons, dans des bacs de pierre sculptée. Quand tu lèves les
yeux, tu réalises que le plafond est si haut que tu n'arrives même pas à le voir et que la lumière vient sans doute d'une grille d'aération, à la surface. Le papillon s'est posé sur une des
fleurs, une variété exotique que tu ne reconnais pas… Il fait chaud, comme dans une serre, et l'atmosphère est chargée d'humidité, et d'une odeur d'ozone comme l'air avant un orage.
Tu observes la pièce pour trouver une autre issue que celle d'où tu es arrivé, un passage, et tu sursautes, quand un jet d'eau tiède s'écrase en plein sur ton torse, trempant ton pull et ton
t-shirt par le col ouvert de ta parka. Tu protestes et une voix joyeuse te répond :
«Désolée! Je n'avais pas vu que tu étais là! Lylias! Arrête le robinet! Nous avons un visiteur!»
Une femme tenant un tuyau d'arrosage qui goutte encore se révèle derrière un buisson, elle porte une longue robe de velours dans un camaieu de violet, bordée en bas de dentelle blanche. Ses
cheveux forment une cascade de boucles autour de son visage et elle rit.
«Iridias? Ne me dis pas que tu as arrosé ce pauvre homme? Tu es incorrigible!»
«Je n'ai pas fait exprès, je ne l'ai même pas vu! Quoi que… Même si je l'avais vu…Je n'aurais pas pu rêver meilleure cible! Tu ne trouves pas?»
«Iridias! Cesse tes petits jeux! Il est trempé!»
Une seconde femme, vêtue d'une robe en dégradé de rose, mais au visage et aux cheveux identiques à la première, visiblement sa sœur jumelle, s'approche de toi. Son sourire chaleureux dément ses
paroles désolées, elle semble trouver tout cela tout aussi drôle que sa sœur.
«Lylias tu as raison, il est trempé jusqu'aux os. Il faut lui retirer ces vêtements mouillés, il va attraper la mort!»
Toutes les deux sont à présent si proches que tu peux sentir leur souffle sur son visage, l'une d'elles a déjà attrapé la manche de ta parka.
Tu protestes, et recules, avant de retourner dans le couloir dont tu viens. Va au numéro 17
Tu te laisses faire : c'est vrai que tes vêtements sont mouillés, les essorer ça ne peut pas faire de mal, et peut-être que ces deux femmes savent par où est passée la mystérieuse jeune fille en
blanc… Va au numéro 21