Sadèmes, nouvelles sado-masochistes
Ca vous est déjà arrivé à vous, ces soirées là, où rien ne va? Sans doute, ça arrive à tout le monde. Le petit dernier est malade, l'ex fait chier au téléphone, le magasin est fermé et ya pu rien
à bouffer, on est crevé d'une longue journée et en prime les anglais débarquent le lendemain, donc c'est syndrome prémenstruel à fond.
Ces soirs là, on a envie de rien, et surtout pas du câlin qui se prolonge. Enfin si, on a envie de dormir quoi...
Sauf que là, il a décidé de ne pas me foutre la paix. Il a raison, il est là pour quelques jours seulement, et comme dirait l'autre, faut pas gâcher. Alors il me cherche, me caresse, me câline,
me dit deux trois choses à l'oreille qui en temps normal me feraient me liquéfier direct... Rien... Trop nase... Je grogne, mais c'est tout quoi...
Il pourrait se dire : tant pis, demain est un autre jour. Tu parles... Il me retourne, et chope sa ceinture sur le valet, j'en ai pas envie, je râle, mais quand le premier coup tombe, soft, ça
claque à peine, je me détends... C'est presque agréable, la douleur n'est pas vive, et s'invite comme une bonne copine pour boire le café. Je me dis, je vais le laisser faire, là, c'est comme un
massage, en un peu plus énergique.
Evidemment, ça n'en reste pas là. Ca monte dans les tours, un peu trop vite d'abord, j'en ai du mal à respirer, je le lui dis, il y va ensuite plus doucement, mais sûrement. Mais comme justement,
c'est lent, même pas peur, en fait. BOn, okay, c'est vrai, je couine un peu, des fois, surtout la foi où il se rate et m'envoie un coup sévère sur le bas du dos, pile là où j'ai mal, c'est
vachement sensible, et j'ai le réflexe de me contracter, ce qui rend la chose encore plus douloureuse.
Il a senti que c'était pas bon, ses coups ralentissent, Je peux me détendre de nouveau, caler un coussin sous ma tête et mes bras, je me sens ramollir comme un carambar qu'on
tournicote entre ses dents là, vous savez? C'est bon...
C'est en général par là, dans ces moments là, que vient le plaisir... C'est insidieux, je suis bien, détendue, je pousse juste de légers soupirs, parfois un gémissement quand un coup tombe plus
fort, et je l'entends respirer, lui aussi, au rythme des coups, je l'entends rire un peu, parfois, puis il lance une remarque, du genre : "Atta, je vais te prendre en photo, tu vas voir, tu
pourras plus dire que tu ne marques pas"
Et quelque chose en moi se réveille, pousse ma conscience, mes doutes, mes peurs, mes angoisses, ma fatigue, de côté, et me fait : "Viens, tu vas voir, on va s'amuser"
Il a arrêté de me frapper, me retourne, me cingle l'intérieur des cuisses, deux, trois fois, me demande :
"Tu aimes?"
Je ne réponds pas vraiment, je souris, je prends sa main et la tire contre mon sexe mouillé... Il m'embrasse, me dévore plutôt, je sens mes fesses cuisantes frotter sur les draps, je me sens
bien, j'ai chaud. Il a lâché la ceinture à côté de moi, je la sens contre ma joue, presque à regret.
Il la saisit, la pose sur ma gorge. Il m'observe, je me sens bizarre, sorte d'oeuvre d'art étrange, obscène... Il passe les pans de la ceinture derrière ma tête, glisse l'extrémité dans la
boucle, sans serrer, mais le geste suffit, au fond.
C'est plus tard, quelques jours plus tard, qu'il me dira avoir adoré ces moments, avoir adoré me baiser, me gifler, me tordre les seins à m'en faire crier, me mordre, me traiter de chienne, de
salope, de pute, sa pute...
Je ne m'en souviens pas. Si, je m'en souviens, mais c'est brumeux, comme un texte imprimé avec une réservoir d'encre presque vide... Illisible, pas clair... Moi, j'étais bien, j'étais heureuse.
Je me sentais détendue, comblée, aimée, pleine de vie, d'espoir, sans aucune peur, aucune colère, juste du plaisir, et encore du plaisir. J'avais l'impression de voler, et quand j'y repense, même
si je revois tout ce qu'il m'a fait, ce que nous avons fait, l'impression qui subsiste c'est celle là : ce calme, cette plénitude, cette sérénité.
Cette nuit là j'ai dormi comme un bébé, sa ceinture enroulée autour de ma main.
Le lendemain, je m'en suis servie pour lui attacher les mains à la tête de lit... Mais c'est une autre histoire.