Sadèmes, nouvelles sado-masochistes

 
La distance, c'est moche. Surtout si on la laisse s'installer... Je sais pas si c'est l'habitude qu'on a de s'exciter mutuellement par écrit, depuis le temps qu'on joue ensemble, mais la distance ne m'empêche pas d'avoir envie de lui, ni de le trouver excitant, quand je le vois à la cam, que j'entends sa voix, sa respiration au téléphone avant de m'endormir.
 
Bien sûr, ce que nous évoquons, nos envies, nos fantasmes, ça reste hypothétique... "J'aimerais que tu.... Je voudrais te..." mais c'est excitant quand même, puis, si déjà on est allongé, à poil, au chaud... on en profite quoi, on va pas gâcher...
 
Parfois il est plus directif : "Tu seras..." (sous-entendu à quatre pattes le cul tendu, pour une fessée que j'attends avec impatience, et visiblement lui aussi, vu comme il m'en parle... avant qu'il ne vienne me remplir, par un orifice ou l'autre ou les deux au choix...)
 
Parfois, je sens sa voix changer. Il reste tendre, mais il devient un peu moqueur, un peu condescendant, je sens que ma gorge se noue d'une sale envie de répliquer, de le renvoyer dans ses vingt-deux, je grogne, ça le fait marrer, il adore ça. Mais au fond de moi, j'ai cet aiguillon, cette brulure au ventre... je me liquéfie dedans, je sais que mon corps me trahit, que lui, il aime cette emprise qu'il a sur moi... Et plus mon désir monte et moins mon orgueil compte, au fond... Jusqu'au moment où je lâche, en plaisantant, tandis qu'il me traite de chienne lubrique :
 
"Oui mon maître", suivi d'un jappement hilare
 
C'est pour de rire.
 
Mais lui il ne rit pas.
 
Il me flatte, sa voix me caresse comme on caresse l'encolure d'un chien bien dressé, il ronronne à mon oreille :
 
"C'est bien,  ma salope, j'aime quand tu m'appelles maître... Tu es belle, tu m'excites quand tu deviens ma chienne... Dis le encore... Merci maître de me donner du plaisir..."
 
Je pense non, mon ventre, mon sexe et mes lèvres s'en foutent...
 
"Merci maître"
 
"J'ai pas entendu la suite... "
 
"Merci maître, de me donner du plaisir"
 
"Bonne chienne... Je t'aime..."
 
Bon, que vous dire d'autre à part que là, je ne suis plus capable de penser?  
 
Avec le recul, j'sais pas trop si c'est du lard ou du cochon... Soumise? Moi? Je me savais masochiste, j'avais conclu que la soumission m'allait pas au teint, au fond. Qu'elle m'attirait, sans que je puisse y céder, par peur, par manque de confiance, parce que j'ai trop souvent laissé mon plaisir de côté, pour me contenter d'en donner...
 
En fait, je me dis que je prenais le problème à l'envers. J'aime me soumettre, mais j'ai besoin d'avoir confiance. En lui, en moi, en nous. J'ai besoin de sentir que c'est un jeu auquel nous jouons, pas une contrainte que je m'impose. Et c'est surtout un plaisir partagé, parfois inversé... Parce que parfois, c'est moi, la ptite voix au téléphone...

Mar 22 mar 2011 1 commentaire
qu'est ce que ça me colle un grand sourire tout doux ça breda...
cleindo - le 16/04/2011 à 01h33

Merci Leronis.

Kireseth