Sadèmes, nouvelles sado-masochistes

Ils sortent dans le jardin. Enfin, il sort et elle le suit, un peu ballonnée par toute l'eau qu'elle a bue, la marche à quatre pattes lui rendant la chose encore plus désagréable. Elle comprend pourquoi les animaux pioncent après avoir mangé, tiens... Il marche lentement, semblant s'adapter à la lenteur et à la gêne de sa propre démarche, la guidant à travers des rosiers, vers des massifs de buissons plus épais, au pied desquels poussent des fleurs variées, plus sauvages et plus folles que dans le jardin à la française devant la maison. 

Il y a là un saule pleureur... Ses branchent touchent presque le sol et forment une sorte de rideau, cachant du soleil qui décline doucement une table, en métal laqué, et une chaise assortie. Il y prend place et s'étire, avant de tirer la laisse et de la faire s'asseoir à ses pieds, prenant ses mains sur ses genoux. Il caresse un peu ses mains, son bras, lui laisse le temps de trouver une position confortable dans le gazon moussu.

"Vous avez eu tellement honte aujourd'hui, pas vrai? Vous en étiez rouge, en pleurs... Vous êtes si...prude, pour une jeune femme moderne et soit-disant libérée. C'est étonnant... Moi qui pensais que les jeunes sont bien plus libres dans leur vie sexuelle que nous l'étions au même âge... En fait, vous n'avez qu'une expérience très superficielle de ces choses."

Elle ne parle pas, mais son ton caressant la fait frissonner, et tout le flot d'émotions remonte à la surface, noyant ses yeux instantanément. Il a senti ses pleurs, et caresse ses cheveux... Il lui parle, doucement, la rassure, lui dit des mots gentils, lui parle de son plaisir, de ce qu'il a vu en elle, quand elle jouissait dans la piscine, quand José l'a inondée de son sperme, quand elle s'est offerte aux regards de l'étranger, lascive chose décorative. Elle tremble et pleure, mais la fierté et le contentement dans sa voix lui réchauffent le coeur. 

Il questionne soudain :

"Vous avez joui, dans la piscine, n'est-ce pas?"

Bien sûr qu'elle a joui, et comment... Mais le dire, ça c'est autre chose. elle répond, hochant la tête... Il insiste, lève son menton avec ses doigts, et la regarde, attendant qu'elle mette des mots sur son aveu.

"Oui... Oui, Monsieur..."

"Estelle...si cela vous a faite jouir, si vous avez aimé ça, si la nature vous a faite comme vous êtes, vous n'avez rien à vous reprocher. Au  contraire, vous avez tout à explorer! rendez-vous compte, à coté de quoi vous êtes passée, avant..."

S'en suit un chassé croisé de questions, il demande, elle répond, elle se tortille parfois un peu gênée, mais elle finit par répondre sous les assauts de sa douceur. Il demande si elle a jamais fait l'amour ailleurs que dans un lit, quels gestes elle aime, ce qu'elle n'a pas aimé, quand elle s'est ennuyée, si elle a jamais été tentée par une autre femme... De fil en aiguille elle se détend, pour parler plus librement, et sortent enfin les mots qui la libèrent, qui disent sa frustration parfois de ne pas se sentir comblée, la vague impression que ça ne pouvait pas être que ça, le sexe, qu'il devait y avoir autre chose... Il sourit, lui raconte une anecdote ou deux sur ses propres débuts, la fait rire même... Elle oublie qu'elle est nue, en laisse, aux pieds d'un homme qui la bat avec sa ceinture.

Elle oublie qu'elle aime ça.

Il commence à faire frais. Elle sent l'air du soir la frôler, s'emparer de sa peau et la couvrir de chair de poule, tirailler chacun de poils de son duvet, durcir ses tétons... Elle se serre contre lui, il la caresse, chaleur fugitive, et glousse :

"comment voulez-vous que qui que ce soit reste calme en vous regardant, vos seins sont des invitations au viol!"

Elle sourit, après la conversation qu'ils viennent d'avoir elle ne ressent plus trop de gêne à être nue contre lui. Il glisse un doigt autour d'un mamelon qui se tend, puis le pince, le tortille, elle mordille sa lèvre et s'ouvre un peu. 

"Vous êtes déjà prête à nouveau, ma chienne... Vous voulez du plaisir, encore?"

Elle doit répondre, c'est le jeu... Elle hoche la tête, dit oui monsieur bien sagement, il ordonne, elle se lève, écarte les cuisses, debout devant lui. Toujours assis, il tâte son sexe, glisse ses doigts, commente son état d'humidité pas encore satisfaisant selon lui, il la veut encore plus chaude, plus mouillée. 

"Assise sur la table, masturbez-vous. Je veux que vous soyez prête à être prise, en permanence. N'importe quand, n'importe où, si vous ne mouillez pas, je vous punirai. Vous devez vivre pour être chevauchée comme une jument de course."

Il l'aide à se hisser sur la table, elle doit relever ses cuisses, ouvrir son intimité, la fente se fait crevasse profonde, ses pieds nus agrippent le rebord, elle couine quand le métal glacé transit ses fesses, et lutte pour trouver la position qui offrira le moins de chair possible au support froid et inerte sous elle, inconsciente que justement, ce faisant, elle dévoile sa nudité encore plus, propulsant son bassin vers le ciel dans l'indécence la plus totale. Il guide ses doigts qui hésitent, avec une petite tape sur sa cuisse pour la décourager de montrer une quelconque gêne, lui rappelant que ce moment est passé, qu'elle est chienne et salope, qu'elle est sexe, stupre et luxure, elle se caresse, se frôle, il pousse sa main vers le creux, il se penche pour mordre un téton et elle se fouille, en grognant de plaisir.

Elle en veut plus, encore, son souffle s'accélère, mais il rit et retire sa main, la tape sur les doigts, tire la laisse pour qu'elle descende de la table, et revienne à ses pieds.

"J'ai dit mouillée, ma chienne, et offerte. Pas fatiguée d'avoir déjà joui!"

Elle ronchonne un peu, mais un coup de laisse sur l'épaule l'arrête net. Elle serre les cuisses, pleine d'envie, et le regarde, se demandant comment il fait pour ne pas avoir envie lui de la prendre là, sur la table... 

"Nous rentrons, il fait froid. Et nous avons encore du travail."

Il se met en route, elle suit... 

Alors qu'ils marchent, elle se tortille, son ventre tiraillé par une envie de lus en plus pressante : le désir se fait besoin et son sexe mouillé se resserre pour retenir le trop-plein de sa vessie. La marche à travers l'herbe intensifie l'envie, chaque brin qui frôle sa peau provoque des frissons irrépressibles, quand courant d'air serre son ventre, et avant qu'ils arrivent à la maison, il se retourne et la regarde d'un air un peu impatient :

"Quoi?"

Elle s'assoit et serre les jambes, une main au creux des cuisses, bien obligée de répondre, penaude :

"Je... j'aimerais aller aux toilettes s'il vous plait...Monsieur..."

Il la regarde, longuement, et un sourire se forme sur ses lèvres, un sourire méchant, moqueur...

"Non"

Il lui refait faire le tour du jardin, lentement, prenant tout son temps et riant de la voir lutter contre l'envie. Il la mène vers l'arrière d'une dépendance, cabane de jardin surdimensionnée... Une terrasse de béton, un robinet au mur, il l'attire et la plaque contre la paroi, juste à coté du tuyau d'arrosage pendu sagement. Il recule un peu et la contemple, elle frotte ses jambes l'une contre l'autre, ça devient incontrôlable. Il fait glisser la laisse contre son ventre, chatouille vicieuse et cruelle, elle gémit et se replie sur elle-même, pour échapper à l'horrible sensation que ses entrailles vont se liquéfier à ses pieds. Il se penche et détache la laisse qu'il jette dans l'herbe, puis il murmure :

"Inspection."

Elle ne peut pas retenir un "nooon" désespéré : l'effort de lever ses mains au dessus de sa tête, d'écarter les cuisses, de tendre son corps, tout ça la prive de tout rempart contre le besoin d'uriner, plus moyen de se retenir, l'envie la taraude si fort qu'elle en crierait. Il le sait, et en profite, passant et repassant sa main sur le bas de son ventre, sur son mont de vénus, il frôle et cherche à la faire céder. Elle résiste, encore, mordant sa lèvre, au bord des larmes. Il glisse un doigt dans la fente qu'elle a du mal à offrir, il ordonne :

"Ecartez vos cuisses, ma chienne, que je voie si vous êtes baisable"

Elle écarte d'un demi-millimètre, ses cuisses tremblent de l'effort de retenir sa vessie. Il enfonce ses doigts, et constate :

"Pas assez mouillée. Pourtant, vous devez toujours être mouillée, chienne, toujours être être disponible..."

Il caresse son clitoris encore gonflé après la table de jardin, d'un mouvement vif, vibrant dans tout son ventre, frôlement cruel, puis son autre main vient appuyer sur son épaule et la forcer à s'accroupir le dos plaqué au mur. Il ouvre le robinet près d'elle, le filet d'eau qui coule vient mouiller ses pieds nus, les inonde de cette fraicheur insoutenable quand on ne peut plus vraiment se retenir, elle sanglote et demande pitié, il rit. Accroupi lui aussi, à coté d'elle, il a repris son supplice de son clitoris, et son autre main s'insinue par sous ses fesses, sous sa jambe, et remonte, deux doigts s'enfoncent en elle. Il fouille, implacable, et elle est prise dans l'étau, mouillée de plaisir, crispée d'envie d'uriner, et soudain il trouve, ses doigts légèrement repliés appuient, frottent contre l'intérieur de son ventre, la vessie gonflée, il presse, va et vient, et roule ses doigts encore et encore, comme la marée qui monte, elle supplie, et pleure et se relâche, incapable d'en supporter davantage. Le flot jaillit, elle arrive presque à le retenir un instant, mais il l'en empêche, et elle doit se vider, les bras écartés paumes contre le revêtement, les cuisses ouvertes, le corps empalé sur ses doigts tortionnaires, elle pisse comme une chienne contre le mur.

Il se lave les mains sous le jet d'eau, tandis qu'elle se recroqueville comme un petit tas de linge sale, épuisée et sanglotante, le corps traversé de longs frissons incompréhensibles. Il se penche vers elle, la redresse, asperge ses jambes nues d'eau, les mains jointes en un récipient improvisé, puis il dit :

"rentrons vite vous êtes trempée, vous aller attraper la mort."

Elle le suit quand il la tire par la main, la laisse oubliée dans l'herbe, le temps du jeu est fini, elle grelotte déjà de froid, et il l'entraine de plus en plus vite, ils passent la porte de la cuisine, elle laisse des traces mouillée et sales derrière elle, elle hésite, il balaie ses scrupules, affirmant que ce n'est rien, et lui fait monter l'escalier de service, pour aller au premier.

Ils entrent dans la première des chambres, et il la pousse littéralement dans la salle de bain, la guidant dans la vaste baignoire, avant d'ouvrir l'eau et de l'en asperger.

"Pardon ma petite chienne, il fait trop froid dehors pour que je m'amuse à ces petits jeux avec vous... j'oublie parfois comme la nuit peut être fraiche même en été, quand on est épuisé."

Il la rince, puis la lave, gestes tendres et délicats, elle se laisse faire, parce qu'elle n'a plus la force de réagir et parce qu'au fond, elle aime bien, il est doux et elle sent son corps se réchauffer, et sa tension fondre sous ses doigts. Elle ne sait plus trop quoi penser de ce qu'il s'est passé dans le jardin, contre le mur. Elle n'arrive plus à penser tout court en fait... Il lui fait lever les bras, elle lève les bras, il lui fait écarter les cuisses, elle écarte les cuisses, il la savonne, elle se laisse savonner. Il la fait se mettre à quatre pattes, le cul tendu, cambrée, elle ne regimbe même plus, il laisse couler l'eau dans la raie de ses fesses et elle se laisse faire...

Il caresse la fente, doucement, et elle sent soudain que son insistance cache quelque chose...la suite de ses perversions, sans doute... Elle hésite à se rétracter, se renfermer sur lui-même comme une huître, mais elle lutte, pour ne pas bouger. Il sent qu'elle s'est crispée, un peu, et murmure :

"Détendez vous, ça ne fera pas mal, tant que vous serez détendue, et que vous me laisserez faire."

Les doigts courent dans la raie mouillée, se rapprochant de la cible de leurs attentions, son index frôle, titille, caresse, pour explorer un peu, doucement, millimètre par millimètre, l'entrée cachée. Puis le mouvement s'arrête, et elle l'entend se lever, fouiller dans un tiroir, puis dans sa veste, elle jette un coup d'oeil par dessus son épaule, il tient dans sa main l'objet en métal qu'il lui a fait tenir pendant sa correction, sa... clef...

Il s'est approché de nouveau, sa main revient caresser la raie de ses fesses et elle se surprend à penser qu'elle ne trouve pas ça totalement désagréable, en fait... la sensation est différente soudain, plus...glissante? Du gel, ça n'est pas froid, il l'a sans doute réchauffé dans le creux de sa main. Il la fouille doucement, son doigt plus hardi que jamais, plus intrusif aussi, elle gémit, et ne sait pas trop pourquoi. Puis le doigt se retire, et c'est autre chose qui prend sa place, dur, implacable, lourd, ça s'enfonce, ça va, ça vient, elle sent la main de l'homme qui se plaque sur le bas de ses reins et la fait se cambrer davantage pour mieux ouvrir ses fesses, la clef tourne dans la serrure et s'y loge. Il retire sa main. Et elle reste là, son cul tendu et plein de cette chose dure, lourde, qui l'ouvre comme une fleur.

"Vous allez le garder jusqu'à demain soir. si vous devez aller aux toilettes, vous pourrez le retirer, mais vous devrez le remettre, avec l'aide de ce gel s'il le faut. Mais je pense qu'il ne faudra pas... Vous êtes déjà bien plus ouverte... Comment vous sentez vous?"

"c'est..lourd... et large..., ça pèse dans mon ventre..."

"Oui, c'est fait pour ça, pour peser lourd et ouvrir votre ventre, pour le rendre accueillant. Brave petite chienne. A présent, vous allez manger, puis dormir. Et demain nous continueront à vous dresser, afin que dans la soirée vous soyez prête à amuser mes invités de vos tours."

Réveil, il fait plein jour, elle regarde la montre : presque onze heures... Panique, elle se lève, sens son ventre tiraillé vers le bas, une bouffée d'émotion brute, animale, la saisit, elle va aux toilettes, retire l'objet pour le regarder en douce, le laver, elle le replace, se tortille devant la glace pour tenter de l'apercevoir, est-ce que ça se voit, déjà? Elle se douche, s'habille... Pour la leçon d'équitation, ce sera trop tard, elle serre les dents, elle sera punie, elle sent un autre poids dans son estomac, la peur...


Jeannine est là, dans la salle à manger, et la salue avec chaleur


"Aah, vous avez l'air reposée, enfin. Mr Gardolles a demandé qu'on vous laisse dormir, il vous trouvait la mine fatiguée. La coiffeuse passera à 14h, vous avez le temps de prendre un brunch et de trainer un peu au bord de la piscine, ou de vous détendre en lisant, la bibliothèque est ouverte aux visiteurs et je vous la recommande chaudement."


Soupir discret de soulagement... Elle n'était pas fatiguée la veille, mais épuisée, tant physiquement que mentalement. A bout, vidée, comme un poisson mort...


Elle mange, peu, les pensées recommencent à tourner et tourner dans sa tête, elle se traite de folle, de perverse, de tous les noms, se promet de partir au plus vite, ne bouge bien sûr pas... Pourtant la porte n'est pas fermée, mais... Mais elle est curieuse, elle veut savoir ce que ça fera d'être montrée, exposée, d'être prise peut-être, devant des gens qu'elle ne connait pas. Exhibition? Perversion? Maladie? Elle se tient la tête et soupire encore... Elle se lève, va à la bibliothèque, y fait les cent pas... Des livres, sur trois murs sur les quatre... De tous, des grands classiques, mais aussi des policiers, de la science-fiction, quelques essais politiques, des mémoires de grands hommes... et devant le quatrième mur, une armoire, lourde, massive, sombre, la clef sur la porte.


Elle tourne la clef, et ouvre. Dedans, des livres, encore. Un bref survol des titres ne laisse aucun doute. Au milieu, presque mis là exprès, le Marquis de Sade... Elle a beau être prude, ça enne en a déjà entendu parler... Léopold de Sacher-Masoch... connait pas... Histoires d'O... tiens, c'est qui cette Pauline Réage? C'était un bouquin avant d'être un film cochon? D'autres noms, d'autres titres, coquins, ou passe-partout... Mais c'est sûr qu'ils ne sont pas là juste pour décorer... Elle feuillette un étrange "Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation" et pouffe de rire en voyant détournées les règles de morale que lui enseignait sa grand-mère... C'est...c'est...ignoble et...truculent!


On tousse derrière elle, elle en lâcherait presque le livre de frayeur. C'est Gardolles, bien sûr, et il semble bien s'amuser à la voir fureter dans sa bibliothèque privée.


"Pardon Monsieur, je..."


Il l'interrompt d'un geste, sourit, et réplique :


"J'ai laissé la clef sur la porte, ce n'est pas pour rien. J'espérais que vous iriez voir. Qu'avez-vous là? Ah, Pierre Louys! Une satyre incroyablement drôle, pas vrai? Bien sûr rien n'est à prendre au pied de la lettre mais j'aime sa façon de perverse de détourner le puritanisme de son époque. Après ça, on ne lit plus la Comtesse de Ségur du même oeil, croyez-moi."


"Je n'ai fait que feuilleter, mais oui, c'est... osé, mais drôle."


"Osé? C'est vulgaire, pervers et totalement provocateur, n'ayez pas peur des mots!"


Elle hoche la tête, et sourit à son tour.


"Vous serez une parfaite petite fille ce soir. Même si votre éducation est loin d'être terminée, vous avez déjà beaucoup appris, assez pour sortir dans le monde, et présenter vos respects comme il se doit à mes invités."


Elle rougit, et baisse la tête.


"Vous rougissez. Vous avez donc encore honte d'éprouver du plaisir à être mon jouet?"


"Un peu Monsieur. Devant les autres surtout..."


"Les autres... Mais qu'importent les autres, c'est moi que vous amusez, et à qui vous plaisez. J'ai un joli jouet je veux le montrer, crâner avec et le prêter à mes meilleurs camarades pour qu'ils me l'envient! Vous voyez? Je ne suis qu'un petit garçon qui joue avec sa toute nouvelle voiture de course."


Une voiture de course? Elle se sent des ailes là... Elle se verrait plus comme un tracteur poussif, pour le coup mais il a les yeux qui rient et sa main caresse sa nuque, son regard possessif la liquéfie sur place.


"Votre coiffeuse va venir vous aider à vous apprêter. J'aimerais que vous ayez des cheveux bien bouclés ce soir, j'aime les boucles. Je vous retrouverai à 18 heures dans votre chambre, pour vous donner mes dernières instructions. D'ici là, reposez-vous, prenez le temps de souffler, et de vous préparer. C'est un grand soir."


Euh... Là c'est bon, elle a le trac... Elle sent son estomac se révulser et son regard trahit sans doute sa peur. Elle sent la main se resserrer sur sa nuque, remonter, tirer les cheveux en arrière, la forcer à relever la tête, à se dresser bien droite, le regard se fait dur, inflexible :


"Qui décide?"


"Vous Monsieur"


"Que devez vous faire?"


"Obéir Monsieur"


"A genoux."


Elle s'exécute, et il tire ses bras dans son dos, elle joint les mains au dessus de ses fesses.


"Soyez ma chienne, tout de suite!"


Elle écarte les cuisses, dresse ses seins, et cambre ses reins, ses mains viennent sur ses jambes et remontent la jupe légère très haut pour exposer son sexe nu, elle déglutit... Bon sang... Elle mouille... Son regard se perd, tant cette conclusion la prend par surprise : elle mouille... déjà... C'est donc si facile?


"C'est mieux. Rappelez vous ça, ce soir : la seule chose qui compte c'est ce que moi je vais exiger de vous. Le reste ne vous concerne pas."


"Oui Monsieur."


Etrangement, ça la rassure. Il passe sa main sur ses cheveux, et sort de la pièce, elle reste là, chienne ouverte à tous les vents, jusqu'à ce que le bruit de ses pas faiblisse dans le couloir.

Elle tente de se redonner contenance en restant un peu à lire dans la bibliothèque jusqu'à ce que Jeannine vienne la chercher en lui annonçant la coiffeuse. Elle la suit jusque dans sa chambre, où la femme a déjà installé son matériel. Rien de bien spécial, excepté que la femme n'est pas seulement coiffeuse mais aussi esthéticienne, et qu'elle ne vient pas s'occuper de ses cheveux mais de tout le reste également...

Elle se retrouve donc encore nue, ça devient une habitude, à la limite pourquoi se donner la peine de s'habiller? La femme rouspète, la tance : il ne faut pas se raser, sinon il faut attendre la repousse pour se faire épiler... Bon, elle va tenter de réparer un peu les dégâts à la pince à épiler, puis elle ôte les germes des poils trop courts non pas au rasoir mais à la crème dépilatoire (ça laissera votre peau plus douce, si si.)

Tout y passe, y compris la raie de ses fesses, la femme ne lui laisse même pas le loisir d'éprouver de la gêne et la fait se retourner, avant de claquer sa fesse et de lui dire de se tenir tranquille, ça fera pas mal... Chef...oui chef...

Enfin, elle l'emmène à la salle de bain, lui lave les cheveux, la fait s'asseoir, les sèche et les frise à l'aide d'un fer, patiemment, jusqu'à obtenir de longues boucles épaisses et régulières.

"Et la touche finale..."

Elle fouille dans son sac et en sort un jeu de bandeaux brodés de perles fines, tout neufs, dans leur emballage d'origine. C'est là que la porte s'ouvre, et qu'entre Gardolles.

Elle sourit, le salue comme s'ils se connaissaient bien.

Il échange quelques mots avec elle, puis montre les petits étuis de plastique :

"Le blanc."

Ce sera donc le blanc... La coiffeuse tire en arrière les boucles et les entoure du bandeau qu'elle fixe à l'aide de fines pinces, avant de montrer le résultat à Estelle. Gardolles commente :

"C'est bien, on voit bien son cou et sa nuque."

La coiffeuse s'en va, et Gardolles reste. Il l'observe, et elle n'ose plus bouger... Puis il tend sa main et elle la prend et se lève, quand il l'entraîne. Vers la salle de bain.

Il lui fait signe de monter dans la baignoire... elle s'exécute, fronçant tout de même un sourcil... La mouiller, ça serait idiot, après s'être faite coiffer. 

Il la fait se retourner, elle lui tourne le dos, fait face au mur carrelé. Elle le voit du coin de l'oeil prendre la pomme de douche, l'entend mettre l'eau en marche, doucement, sur ses pieds elle sent de l'eau d'abord froide, puis chaude, puis tiède. 

"Accroupie"

Elle obéit, oscillant entre curiosité et crainte sourde. 

"Les mains sur le mur, pas bouger"

Elle est accroupie, les mains plaquées bien haut sur les carreaux. Il fait couler de l'eau sur le bas de son dos, c'est tiède, elle se tend vers lui. Il glisse sa main sous l'eau, sur elle, et frotte la raie ouverte, elle sourit et s'offre, moins craintive, fière de lui montrer son cul où reposent les ordres qu'il lui a donnés la veille, durs et lourds. Il prend l'objet entre ses doigts et le tourne, doucement. Puis il le retire. Elle tend son cul et soupire lorsque l'objet ressort d'elle avec un plop, un peu douloureux, tant son corps s'était habitué à l'avoir en lui. Il continue à la caresser, à la fouiller, et elle mordille sa lèvre, consternée de constater qu'elle en redemande... L'eau coule, chaude, plaisante, délassante... Les doigts explorent et fouillent... Il dirige le jet d'eau pile sur son anus encore bien ouvert... Il insiste, et l'eau la pénètre. Elle sursaute, se cabre un peu, il ne lui laisse pas le loisir de s'échapper, attrapant la nuque d'une main, poigne ferme, mots durs :

"Ecartez votre cul que je vous lave, vous devez être propre pour mes invités! On ne montre pas sa chienne avec un cul sale!"

L'eau la remplit, de chaleur et de dégoût... Combien, un verre? deux? Elle renâcle, il gifle sa fesse, l'eau gicle, il retire la douche, et recule le jet.

"Allez vous vider!"

Il montre les toilettes à côté de la baignoire, elle gémit une dénégation, il la gifle encore

Elle se lève, il la soutient pour qu'elle ne glisse pas, son ventre est tendu, ça pousse vers le bas, elle ne pourra pas se retenir très longtemps, elle le sent, elle sent ses sphincter trembler, elle a tout juste le temps de s'asseoir avant qu'une douleur pousse l'eau dans la cuvette, dans un bruit qui lui semble atrocement cru et vulgaire. Elle pleure.

"Revenez là, et finissons en!"

Elle revient après s'être essuyée. elle essaye de ne pas le regarder, de faire abstraction de sa présence, mais c'est trop dur, elle ne veut pas y retourner, ses pieds sont de plomb et refuse qu'elle remonte dans la baignoire, elle secoue la tête.

Il pose la douche, et coupe l'eau, il s'approche d'elle, et la regarde. Elle a baissé les yeux, baissé la tête, se recroqueville... Il tend la main pour soulever son menton, pour la forcer à remonter ses yeux vers lui, elle tergiverse, il insiste... Elle mord sa lèvre et n'arrive pas à retenir un sanglot, il la regarde, elle le regarde sans vraiment le voir. 

Il la gifle. Un gifle brutale, qui claque, sa tête part sur le coté et elle crie, surprise, douleur et rage. Il l'attrape par la nuque, la hisse et elle doit se mettre sur la pointe des pieds pour garder l'équilibre. 

"Je dois recommencer?"

Elle ne répond pas, le ventre tordu de sentiments contradictoires. Il relâche sa main sur sa nuque, lui laissant une seconde pour souffler, puis à nouveau, la gifle. Elle crie, moins fort, tient sa joue, cette fois il ne l'attrape pas... elle devra reprendre elle-même la position, debout, devant lui, droite... 

"Encore?"

"Non...Non... "

Il lève la main, elle se renferme, lève les bras comme pour se protéger, et supplie :

"non, s'il vous plaît, Monsieur"

"Vous me devrez une punition pour cela, Estelle."

Il lui a donné son prénom, rompant le jeu... Il est fâché... Elle réalise combien le jeu lui tient à coeur à présent qu'il l'arrête. Elle balbutie :

"Pardon Monsieur, je suis désolée, je ... Je ne savais pas... je ne voulais pas..."

Il montre la baignoire, et elle y retourne, et serre les dents.

Elle n'ose plus broncher, anesthésiée par.. par quoi? La peur de la gifle? Non, en fait ça n'a pas fait si mal... Le mépris... Oui, c'est ça plutôt, le mépris dans sa voix, dans son regard, la peur de perdre ce qu'il lui a accordé, de perdre cette fragile relation qu'il lui a imposée et qu'il peut lui retirer dans l'heure s'il le veut.

Alors elle se laisse laver, vider, encore, se laisse palper, puis sécher, guider vers la chambre.

Il cherche dans l'armoire et en sort une boite en carton rose, et brillante... Dedans, un froufrou de tissu crème, de dentelle, un serre-taille. Il le pose sur le lit, l'étale, ajoute une paire de bas blancs, et une paire d'escarpins blancs eux aussi, simples et sobres. Une tenue de débutante... 

Elle hésite, et frôle le tissu chatoyant, la dentelle mousseuse... 

"Vous serez belle."

Elle lève un regard un peu perturbé vers lui. Il a retrouvé cet éclair de fierté, la regarde à nouveau avec cet éclat qu'il lui réserve à elle seule. 

Il va l'aider à enfiler sa tenue de gala, pièce par pièce, comme on habille une poupée. Elle est manipulée, serrée dans le carcan de satin, gainée, tout son corps pris dans les limites fragiles mais si présentes de ces vêtements tout sauf naturels... Tout la serre... Tout la contrôle... Elle ne peut même plus vraiment respirer naturellement.

Il ouvre l'armoire en grand et révèle un grand miroir. Elle y découvre une étrange pin-up, comme si une elle était une danseuse du Lido qui se marierait en tenue de scène, seins nus... L'idée la fait glousser.

"Tendez vos mains"

Elle tend ses mains devant elle, et il passe à ses poignets des bracelets de cuir blanc, équipés chacun d'un anneau. Puis il met un genou en terre et passe les mêmes bracelets à ses chevilles. Enfin, il entoure son cou d'un collier, assorti aux bracelets, un anneau devant, un autre sur la nuque.

"Voilà, vous êtes parée, comme pour un concours canin"

Elle aimerait pouvoir répondre, vexée d'être encore rabaissée au rang d'animal alors que justement elle se sent plus jolie que jamais. Elle voudrait bouder, d'ailleurs elle avance une moue, sa lèvre trahissant son déplaisir. Il en profite et s'engouffre dans la faille :

"A genoux, tendez votre cul, ma chienne!"

Elle ne rouspète pas, et se prosterne, l'arrière-train levé vers lui. Il la caresse, insistant, puis claque sa main, une fois, deux fois, plus, sans forcer, juste pour lui rappeler ce qu'elle mérite... Ce qu'elle aime, bon sang, elle aime, et elle gémit déjà... Il fourre sa main dans sa fente ouverte, elle se frotte contre ses doigts. 

Il se lève et la laisse frustrée. Finalement, les gifles c'est moins dur à supporter que ça... 

Il fouille dans l'armoire, dans un tiroir. Il revient, se penche à nouveau sur son postérieur qui sera décidément la star de la soirée, et la palpe, avant d'un mettre un doigt moins caressant que pénétrant et possessif. Enfin, elle sent de nouveau le métal, froid cette fois, et se dit : "encore?"

Il recule.

"Voilà, là, c'est mieux!"

Il tapote sa cuisse, elle se redresse et s'approche, puis se fige... elle vient...de tinter? Elle bouge, et encore, ce tintement? Cette fois c'est lui qui glousse, ravi.

Il lui a mis une clochette... elle a une clochette au cul...

Il lui faut toute son énergie et toute sa concentration pour ne pas bouder, râler ou pleurer, à cet instant là... Mais il ne lui laisse pas le loisir de réfléchir trop longtemps. Il passe une laisse à son cou, dans l'anneau situé à l'arrière du collier, sur sa nuque, et tapote sa cuisse pour qu'elle vienne se poster près de sa jambe, au pied le chien. 

"Vous êtes prête, juste à temps, les invités vont arriver et il est temps que j'aille les accueillir."

Il tient la laisse alors qu'ils descendent vers le grand salon, et presque simultanément, Jeannine fait entrer un couple, l'homme de la piscine et une femme, vêtue d'un grand manteau de fourrure un peu exagéré en cette saison pas si fraîche que cela. Lorsque la femme retire son manteau, Estelle comprend... En dessous, la femme est nue, à l'exception d'une paire de bas noirs et d'escarpins lacés aux chevilles. Elle porte un collier noir que le manteau dissimulait, et la laisse pend entre ses seins lourds. Une fois Jeannine partie avec le vestiaires des visiteurs, la femme se met à genoux, avant de se prosterner, souriante, et sans aucune gêne, devant Gardolles. Elle vient frotter sa joue contre son pied, et le regarde avec complicité et ce qui ressemble à un mélange de chaleur et de désir. Les deux hommes, eux, se serrent la main.

"Saluez mon ami, ma chère, comme il se doit... Montrez que vous êtes une chienne bien élevée, malgré vos lacunes!"

Elle, à genoux, se cachait autant que possible derrière lui, et voilà qu'elle doit non seulement s'avancer mais aussi se prosterner, le cul en l'air... en tintinnabulant comme un lapin de pâques. Elle est tellement rouge qu'elle en a chaud, et se réfugie dans la contemplation des lignes du parquet ciré.

"Ernest, j'ai tout préparé pour que nous fassions une petite séance de sculpture avant le repas! Ca nous ouvrira l'appétit. Et après, je t'ai réservé une petite surprise!"

"Oh? C'est vrai? Chic alors. Ca faisait longtemps que nous n'étions pas venus, et Lina me saisit justement que ça lui manquait, pas vraie toi?"

Sa femme, car c'est sa femme, ils portent la même alliance, hoche la tête et se frotte la joue contre le pantalon de son mari comme une chatte en mal de caresses. Gardolles les entraîne vers la salle à manger, où la table est mise, pour deux, à une des extrémités de la longue table en bois sombre. Tout le reste de la table est couvert de chaines fines et brillantes, qui entourent le plateau et les pieds.

"Montez sur la table, ma chienne, vous en serez le décor ce soir."

Le décor? Elle s'arrête, sans trop comprendre... Gardolles cingle la laisse dans son dos et la pousse vers la table. Elle se retourne et le regarde, les yeux pleins d'une supplique aussi vaine que s'il avait été un gendarme en train de lui dresser une contravention... Il lui rend son regard, sans fléchir, l'oeil à la fois dur et la défiant de lui désobéir. Si elle désobéit... elle aura mal... devant ces gens... Elle grimpe sur la table en hâte, tout mais pas ça...

Gardolles passe une chaine dans les anneaux de son poignet droit et de sa cheville droite, puis fait de même avec une seconde chaine à son autre poignet et son autre cheville. Il tire les deux chaines sous la table et les tend, la forçant à rapprocher ses poignets de chevilles, et à écarter largement les cuisses, comme une grosse grenouille qui serait tombée sur le dos. Elle lutte contre le lien, et il profite du moindre de ses mouvements pour tirer davantage et serrer encore les attaches un peu plus, jusqu'à ce qu'elle se résigne et finisse par s'immobiliser. Sa tête roule sur le côté, elle tente de cacher le rouge à ses joues, les larmes montant à ses yeux... Gardolles lui rend la tâche plus facile, il garde le silence, et ne fait pas de commentaires acides et ironiques comme il en a l'habitude. Quand aux visiteurs, eux non plus ne disent rien et Estelle tente du mieux qu'elle peut de faire abstraction de leur présence.

Gardolles disparait, s'excusant pour un instant auprès d'Ernest, lequel lutine visiblement sa femme dans son coin en attendant le retour de leur hôte. Estelle respire, essaie de se détendre, lève la tête de la table pour tenter d'y voir, constate à quel point elle est écartelée par la position, et se mord la lèvre. Gardolles revient, il tient un martinet de cuir blanc, et une grosse bougie de la même couleur.

"Ma chère, vous êtes un ornement de table or les ornements de table ne parlent pas. Ainsi, pour vous rappeler à votre devoir de silence et de discrétion, je vais vous baillonner. Mais comme les baillons ne sont pas esthétiques, à la place, vous allez servir de bougeoir! Ouvrez la bouche!"

En fait, elle ouvre des yeux ronds comme des billes, plutôt que la bouche. Il exagère! Elle secoue la tête, discrètement, tente de happer son regard pour lui dire... Il pose la bougie, empoigne le martinet et le lève, et frappe... juste là où il y a de la chair découverte, sur l'intérieur de ses cuisses. Elle crie, alors que les coups pleuvent, à droite, à gauche à droite, puis de nouveau à droite, il rompt la régularité pour qu'elle ne sache plus où ça va tomber, il la prend à revers...

"Alors? vous ouvrez la bouche, mon cher bougeoir?"

"Oui...oui...Monsieur...oui... "

elle ouvre la bouche, il y fourre la large bougie blanche, enfonçant la base entre ses lèvres et ses dents, la replaçant jusqu'à ce qu'elle soit bien droite. Il reprend son martinet, et frappe à nouveau, elle aurait dû s'en douter qu'il n'allait pas en rester là, salaud! Elle mord la bougie, et la cire répand un goût pâteux dans sa bouche, et il frappe encore... elle gémit, mais elle ne crie plus.

Alors que Gardolles s'amuse, Jeannine entre avec l'apéritif. Des amuse-bouches variés, des feuilletés et des verrines remplies d'une crème mousseuse, des verres et du martini blanc. Gardolles jette son martinet et invite Ernest à s'asseoir, tout en se tirant une chaise près de son centre de table vivant.

"Je commence à avoir faim! Et j'ai bien l'intention ce soir de ne pas respecter la morale qui veut qu'on ne joue pas avec la nourriture! Allez, saute sur la table, la chatte, tu en crèves d'envie!"

La femme d'Ernest glousse, et grimpe sur la table, son cul tendu vers les deux hommes. Elle se frotte contre les cuisses d'Estelle, qui tente de serrer les genoux, en vain, tant Gardolles l'a écartelée... Ernest a saisi une verrine, et y plonge une minuscule cuillère pour se régaler du contenu, Gardolles sert deux Martinis dans des verres à la James Bond, avec l'olive et tout... Et la femme laisse sa bouche vagabonder sur la peau rougie et chaude d'Estelle, dont la bougie oscille au rythme de sa tête qui voudrait nier la bête quis e réveille déjà au creux de son ventre.

Gardolles aussi a pris une verrine. La cuillère plonge, et touille un peu le contenu, puis ressort, bien pleine. Il se penche au dessus d'Estelle et dépose la cuillerée de crème sur la pointe d'un téton, c'est froid, elle couine, et n'émet qu'un gargouillis infâme étouffé par la bougie, et l'autre femme tape des mains et se jette sur la douceur qu'on lui octroie... Elle lèche et happe le téton entre ses lèvres goulues, avant d'en réclamer encore. Gardolles rit, de l'impatience et de la gourmandise de la chatte lascive, dépose de la crème sur l'autre téton, encore, puis de nouveau sur le premier, au rythme de la bouche avide et insatiable. Estelle ne bouge pas, tétanisée, le vrai combat se joue à l'intérieur d'elle, entre la fille coincée et prude qui meurt de honte et l'autre qui déjà, mouille comme une femelle en chaleur, et qui se dit que peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse. La langue de l'autre est un serpent, elle ondule et elle frétille, et le terme tentation prend un tout autre sens... 

Pendant ce temps là, Ernest grignote un feuilleté et n'en perd pas une miette...

La verrine ne semble pas avoir de fond... Ou alors il en a entamé une autre, en douce... elle ne peut pas tourner la tête au risque de faire tomber la bougie coincée dans sa bouche, et elle ne peut que subir les lubies de Gardolles. Il claque sa langue, pour appeler la chienne et elle recule, Estelle peut la sentir se tortiller entre ses jambes écartelées. elle sent du froid sur le bas de son ventre, et ça coule dans la fente, entre ses lèvres qui frissonnent... Elle pense : "Salaud", avant que la langue de la fasse sursauter, langue gourmande qui ne s'offusque pas, elle, d'avoir à lécher la mousse de son présentoir indécent. Au contraire, la femme glousse et mêle ses doigts à sa bouche, en riant :

"Ca dégouline!"

Sans préciser si c'est bien du contenu de la verrine qu'elle parle... Parce qu'Estelle ne peut pas retenir le flot qui l'inonde, à son grand damne... Si c'est pas honteux de mouiller parce qu'une femelle en chaleur vous lèche de la crème sur le clito?
Enfin, de la crème... Il n'y en a plus qu'elle lèche encore... Et Estelle qui a de plus en plus de mal à tenir la tête droite, sa bougie oscillant au rythme de ses hanches saisies de tremblements, sa clochette qui tinte, saleté... Gardolles pose sa main sur son front et précise :

"Interdiction de jouir! Un ornement de table ne jouit pas! Et je veux que vous vous réserviez pour votre grand moment, pour le dessert!"

Il en a de bonnes lui... 

Ernest, taquin, fomente un complot dans son coin, il saisit un canapé feuilleté, et le glisse délicatement dans la fente humide, l'y déposant comme la cerise sur un gâteau, sa femme trépigne et ricane :

"Elle va craquer!"

Avant de commencer à grignoter la friandise, sa langue, ses dents, tout entiers consacrés à la vulve qui palpite, ses doigts aux ongles longs agaçant le clitoris mouillé de salive.

Elle va craquer oui... elle mord la bougie, serre ses petits poings sur la chaîne à ses poignets, veut fermer ses cuisses... elle lutte, pour penser à autre chose, pour ne pas...ne pas... Elle pensait à quoi déjà? Compter? Un, deux, trois, non...trop en rythme... Ses cours de droit des familles... ca c'est soporifique et pas excitant pour un rond!

Gardolles s'avance près d'elle, saisit négligemment un téton entre ses doigts, le tord, elle chavire, incapable de penser, son corps prend le dessus et elle perd pied, l'enfoiré...le salaud...le...dieu que c'est bon...

Jeannine arrive avec le plat, poisson grillé, légumes de saison, et Estelle jouit, pleine de miettes de canapé, la clochette sonne comme un troupeau de brebis à la transhumance.

"Ahhh! Voilà le plat de résistance. Nous allons dîner à la chandelle, Ernest, sauf si c'est trop intime pour vous?"

"Un dîner aux chandelles, c'est parfait, raffiné et reposant! Au contraire. J'oubliais presque la gamelle de ma chienne moi..."

"Ah oui! Jeannine y pourvoira Ernest, ne vous préoccupez pas de cela. Attachez-la au pied de la table et mangeons. J'ai faim."

Gardolles s'approche de la table, puis sort un briquet de sa poche, avant d'allumer la bougie plantée dans la bouche d'Estelle. Il ajoute à l'attention du centre de table vivant :

"Evitez de bouger, la cire, c'est chaud..."

Elle tremble, la bougie est grande et la cire n'en coulera pas tout de suite sur elle, mais si elle penche? Et si elle fatigue? Et si le dîner dure... elle fixe la flamme, hypnotisée comme ces phalènes par la lumière des lampes, la nuit.

Les deux hommes mangent, Jeannine a rapporté une gamelle d'inox remplie de miettes de poisson et de légumes coupés en dés pour la femme qui y mange comme si ça lui était naturel, aux pieds de son mari. Ils devisent, tout en mangeant, et Estelle sent des crampes envahir sa nuque, ses épaules, et ses mâchoires contractées. Gardolles la sent sans doute fatiguer, il cesse de manger et retire doucement la bougie de son logement.

"Vous avez désobéi... Que va-t-il donc vous arriver?"

Elle ne peut tout d'abord pas parler... Sa bouche est ankylosée, raide et douloureuse, et de toute façon il n'attend pas réellement de réponse, il tient la bougie à la main, et doucement, ses yeux plantés dans ceux d'Estelle, buvant leur peur, leur incompréhension, leur étrange et perverse curiosité, il la penche, laissant la cire goutter, juste une goutte, sur le mamelon déjà bien martyrisé. Elle halète, grimace, c'est chaud, sans l'être de trop, et la cire se fige presque immédiatement, la brûlure n'est que piqûre, et disparait, diffuse et volatile. Mais il ne s'en tient pas là, et verse encore, une autre goutte, puis une autre, et c'est comme si leurs effets s'additionnaient. Ca chauffe, ça cuit même un peu, comme la chaleur du soleil en plein été... Elle sursaute un peu, quand une goutte va toucher la peau vierge de cire, ou bien l'autre téton, elle voudrait rouspéter, mais en réalité, la sensation est trop étrange et trop... agréable? Oui, perversement agréable... ça e fait pas directement du bien non, mais ça ne fait pas non plus vraiment mal. C'est comme sentir sa peau sensible après une épilation ou un gommage énergique..Elle ferme les yeux.

Mal lui en prend, elle ne voit pas Gardolles déplacer la bougie allumée vers son mot de vénus. Et la surprise brûlante lui arrache un cri outré, en même temps que la clochette s'en donne à coeur joie... foutue clochette!

Jeu 10 mar 2011 1 commentaire
Ben voila, je te laisse un commentaire, comme ça tu seras plus triste!
Je trouve la majorité de tes textes très très bien écrit, je prends du plaisir à parcourir ce site.
Continue.....Merci
aislin - le 16/04/2011 à 17h08

Ouais! un comm! un vrai! Pas une pub! Ouais!

Kireseth