Sadèmes, nouvelles sado-masochistes

Elle n'a pas mangé, en rentrant : Andréas l'a emmenée sur son cheval, après qu'elle se soit rhabillée dans le cabanon, et l'a déposée devant la villa, elle est montée, a pris une douche, et s'est allongée, avant de s'endormir comme une masse, anesthésiée par le trop plein de sensations contradictoires qui l'assaillent depuis la chasse. Sa tête est pleine à exploser de sentiments dans lesquels elle n'arrive plus à faire le tri. Elle dort, comme si sa santé mentale en dépendait.

Lorsqu'elle se réveille le soleil a déjà bien décliné. Un coup d'oeil sur le réveil délicieusement désuet sur la table de nuit : il est six heures... Elle s'assoit sur le rebord du lit et se force à respirer doucement, mais la panique la submerge : ce qu'elle a vécu ce matin c'est ...trop. Trop dur, trop étrange, trop cruel, trop sale. Elle se lève et fait les cent pas, puis se saisit de sa valise dans l'armoire, et commence à la remplir de ses affaires. Pas question de reste un seconde de plus dans cet asile de fous où on la pourchasse comme une bête pour l'offrir au premier qui l'attrape, où on la bat...

Où elle a joui comme jamais avant... Où le souvenir de la chasse lui laisse les joues rouges et le souffle court... Elle a été un animal, une bête traquée et ce retour à sa nature primitive l'a bouleversée... Au point de désirer être prise comme une femelle en chaleur par le premier qui passe...

Elle se rassoit sur le lit et enfouit son visage dans ses mains, en geignant. Elle est tarée, c'est sûr...
Il ne lui laissera pas le temps de trop réfléchir : Jeanine vient toquer à la porte, et entre avec un plateau :

"Monsieur m'a dit de vous apporter à manger au plus tôt dès votre réveil afin que vous soyez prête à 19 heures. Il veut vous emmener en balade avant que la nuit ne tombe."

Elle déglutit, et ne dit rien... Jeanine regarde la valise, les affaires éparses, commence à plier un t-shirt et demande :

"Vous voulez vraiment partir Mademoiselle? Je veux dire, vous n'avez pas encore vu tout ce que la maison a à vous offrir. Vous avez tant de choses à découvrir encore... Ce serait dommage. Et puis, le jeune monsieur va être déçu de ne pas vous voir en arrivant..."

Estelle se demande à quel point Jeanine est au courant des marottes de son patron... Dans le doute elle décide de garder le silence, et hausse les épaules :

"Je ne sais pas trop... J'ai des choses à faire, je ne sais pas si j'ai le temps pour ces vacances, au fond."

"Prenez le temps de vous reposer et de penser à autre chose que le travail et les études! Vous étiez toute pâle en arrivant, vous reprenez déjà des couleurs, c'est bien non? Restez encore un peu, Monsieur saura bien vous montrer à quel point la vie ici peut être belle. Je sais que c'est important pour lui que vous vous sentiez bien. Je redescends, j'ai à faire à la cuisine, mais si vous avez besoin, sonnez."

"Merci..."

Jeanine est déjà partie. Estelle se retrouve seule et réalise qu'elle a faim : elle grignote de tout sur le plateau : des tartines, du fromage, un peu de salade, des fruits... Elle passe et repasse le film des derniers évènements dans sa tête et pèse le pour et le contre : qu'a-t-elle à perdre? Sa dignité? son intégrité? Et qu'a-t-elle à gagner? Une somme fabuleuse, et... Soyons honnêtes, une incursion dans ses fantasmes les plus inavouables et les plus étranges...

Elle en est toujours à ses cogitations quand Jeanine revient et l'invite à descendre, car Monsieur l'attend en bas dans vingt minutes. Elle s'engouffre sous la douche pour une toilette de chat et enfile un jean et un t-shirt blanc, par dessus un ensemble petit bateau, ou presque. Aucune envie de faire un quelconque effort de présentation, là.

Elle descend, le patron l'attend. Son expression est neutre, son regard la frôle à peine, presque comme si elle n'avait pas d'importance, là, tout de suite... Ce qui au fond l'arrange bien. Elle ne le regarde pas, mais le suit. Elle pensait qu'ils allaient sortir, monter en voiture, pour la "balade" mais non... Il l'emmène dans un couloir qui mène vers la cuisine, lui fait passer une porte et descendre un escalier vers la cave. C'est bien une cave : il y a des bocaux rangés sur des étagères, des sacs de farine, de riz, des ustensiles de cuisine... Une autre porte, au fond, cadenassée. Il l'ouvre, et prévient :

"Les marches sont hautes, et irrégulières, attention."

En effet, autant les premières marches en béton sont faciles à descendre, autant les suivantes... Elles sont en pierre, usées, avec ce creux caractéristique imprimé par des centaines de milliers de pieds... En bas, au bout d'une bonne vingtaine de marches, quand il allume la lumière, un plafonnier en fer forgé, ils sont dans une pièce carrée, au sol de terre battue, assez grande, aux murs couverts de casiers à bouteilles... Au centre, deux tables, et un bar avec des verres, des carafes... Le parfait nécessaire du petit oenologue amateur.

"Ma cave à vins... Je n'y emmène que les gens que j'apprécie le plus... Considérez cela comme une marque d'attention particulière. Mais ce n'est pas ici que je veux vous emmener."

Il se tourne, et entre dans l'ombre de l'escalier : sur le mur, une étagère à bouteilles en métal presque vide, il manipule un crochet sur le côté, et l'ensemble, l'étagère et le mur derrière, pivotent.

"Par ici je n'emmène que les rares personnes à qui je confie tout. Considérez cela comme la preuve de ma confiance. Et attention à la marche sur le palier."

Evidemment, elle se prend presque les pieds dans la marche, tellement elle est avide et curieuse de savoir ce qu'il y a de l'autre côté. Elle manque de trébucher, se retient au cadre de la porte, sursaute, la pierre est froide. Il soupire, imperceptiblement, frôle son coude et la soutient, l'emmène vers le centre de la pièce, le temps que ses yeux s'habituent à la lumière diffuse qui vient de trois lanternes sur les murs de pierre brute.

"Cette cave était là avant la maison... C'est en la voyant que j'ai acheté cet endroit. J'avais rêvé d'un endroit comme ça..."

En fait ça tien plus du cauchemar que du rêve, au premier abord... Du plafond, juste devant ses yeux, pendent des chaines, épaisses, lourdes, piquetées de rouille, et au bout, des menottes à rivet. Elle se tourne sur elle même et son pied butte contre une chaîne au sol, identique... Les chaines courent vers des poulies situées sur les murs, mais il y a aussi des menottes, là, une sorte de croix de bois comme un X immense, une grande armoire, un coffre, et posés contre la paroi, des barreaux de fer, plusieurs rangées de barreaux... Elle sent son coeur commencer à la lâcher... Respire, tu as décidé d'aller voir d'un peu plus près, alors respire... Pense à l'argent, ça aide... Pense qu'il ne te fera pas réellement de mal, tout ça c'est dans la tête...

"Vous avez peur, c'est évident... Asseyez vous. On va parler un peu, je vais vous dire ce que j'attends de vous et vous me direz si vous restez ou pas. La porte restera ouverte jusqu'à ce que vous décidiez... Mais... Une fois que je l'aurais fermée, quelque soit le côté de la porte où vous vous trouverez, il n'y aura plus de retour en arrière possible."

Elle hoche la tête, parler là, ce serait laisser au cri d'angoisse qui enfle sa gorge le loisir de sortir. Pas moyen...

Il lui tend une chaise, simple chaise de jardin en métal laqué noir, et s'en prend une pour lui-même.

"Asseyez-vous et écoutez-moi. Je sais... Je sais que tout ça vous fait peur et vous fait penser que vous avez mis les pieds dans un nid de guêpes. Mais je vais d'ors et déjà vous rassurer : notre marché n'est pas concerné par...ceci"

Il désigne la pièce du geste.

"Vous êtes venue pour être la compagne de mon fils pendant les vacances, c'est là notre deal. Rien de plus et rien de moins. J'attends de vous que vous soyez intéressante, gaie, et jolie, mais rien d'autre.

Ceci, c'est quelque chose que je voudrais vous offrir, moi. Parce que j'ai reconnu quelque chose chez vous qui me laisse à penser que tout cela pourrait vous apporter des sensations et des plaisirs que vous n'osez même pas imaginer. Mais je ne veux ni ne vais vous forcer la main, vous entendez? Ce n'est pas mon genre, même si j'aime obtenir ce que je désire et que parfois je sais me montrer très... persuasif.

Ceci, c'est mon jardin secret, mon espace de liberté hors de la morale, hors du temps et hors du monde. Je vous y invite, pour vous le faire découvrir, mais ce sera votre choix, Alice, de suivre le Lapin Blanc, ou non. A vous de décider. En toute sérénité. J'aimerais juste ajouter que... Je n'ai jamais montré ceci à aucune femme aussi vite qu'à vous. J'ai cette impression..."

Sa voix s'atténue, comme s'il se parlait à lui-même :

"J'ai l'impression que je vous ai attendu et que j'ai fait tout ceci pour vous et rien que pour vous, j'ai eu cette impression en vous voyant le tout premier jour."

Elle toussote, et demande, maudissant sa voix chevrotante :

"Vous allez me faire mal?"

"Oui, sans doute. Mais pas d'une façon que vous n'aimerez pas."

"C'est humiliant... et ça fait peur."

"Et ça vous déplaît?"

Il semble incertain, comme un gosse à qui on autoriserait exceptionnellement une grosse bêtise. C'est la première fois qu'elle le sent si peu sûr de lui. Elle fronce les sourcils, cherchant ses mots... Mais au fond, rien d'intelligent ne lui vient.

"Non, ça ne me déplaît pas complètement. Ca fait peur, c'est dégoûtant, mais ça me plaît, quelque part."

A-t-il soupiré? Est-ce du soulagement? Elle ne sait pas trop... Elle demande :

"Qu'est-ce-que je dois faire?"

Il ne répond pas immédiatement. Il se lève, va vers la porte, et commence à la fermer. Elle l'observe, il s'arrête, la regarde, ses yeux cherchent l'assurance qu'elle va bien rester. Elle ne bouge pas, assise sur la chaise. Il hoche la tête, et doucement, ferme le battant, avant de repousser le verrou de fer.

"Levez-vous et mettez vous nue."

Elle n'a même pas à combattre réellement le mouvement de refus et de répulsion qui lui vient. Elle le chasse du revers de la main, se lève et va poser la chaise contre le mur dans un endroit pas trop encombré de...d'engins de torture?

Elle ôte son t-shirt, son soutien-gorge, ses chaussures, puis le pantalon le slip, comme si elle était chez le médecin, elle ne pense à rien, ni pudeur ni honte, ni gêne, ni plaisir, ni excitation... Elle plie les vêtements, et les pose sur la chaise, range les chaussures dessous, et vient se mettre au milieu de la pièce dans la lumière, les bras ballants, le long du corps. Il ne dit rien, se contente de la regarder faire. 

Il la regarde, longuement. Et, alors qu'en temps normal cette attente, et ce sentiment d'être inspectée lui auraient été pénibles, elle ne pense toujours à rien. Elle a un peu froid, mais ça va.

"Je vous ai observée, ces derniers jours. Vous êtes comme un animal sauvage blessé, sans règles, sans repères, vous courez le nez au vent, sans vous soucier des conséquences, sans vous poser de questions sur votre devenir. Or je sais, je sens, que cela ne vous suffit pas. Qu'il y a au fond de vous une frustration, une insatisfaction, devant cette vie sans barrières et sans orientation.

Vous manquez d'une saine éducation. De réflexes qui vous protègeraient de vous même et chasseraient cette peur constante de mal faire."

Il s'est approché, il tien à la main un morceau de tissu noir.

"Je vais vous éduquer, vous former à être sûre de vous et de vos gestes, et de vos attitudes. Chasser la peur de mal faire, la peur de décevoir, la peur d'être incomprise, ou de ne pas comprendre ce qu'on attend de vous. Et pour cela, il va d'abord falloir que vous appreniez à e faire confiance et à m'écouter. A vraiment m'écouter."

Elle ne dit rien.

"Pour m'écouter, vous n'avez pas besoin d'y voir, m'entendre et ressentir suffira. Je vais vous bander les yeux."

Il est passé dans son dos, et passe le bandeau noir autour de son cou, le remonte sur ses yeux et le noue serré derrière sa tête. Elle ne bouge pas, mais son équilibre flanche, un court instant, il la retient d'une main légère derrière le coude, l'aide à se replacer.

"Vous ne saurez pas à l'avance ce que je vais vous faire. Vous n'avez pas d'échappatoire, pas de moyen de fuir. Il vous faudra affronter ce que vous allez subir, de gré, ou de force, de toute façon le choix ne vous appartient plus. Tendez vos mains."

Les chaines au dessus d'elle crissent et s'entrechoquent, et le métal froid vient enserrer ses poignets tendus devant elle. Puis elle l'entend marcher vers le mur, il tire, dans un cliquetis et ses bras se lèvent, sont tirés vers le haut, jusqu'à ce qu'ils soient presque tendus au dessus de sa tête. Elle est prisonnière, mais étrangement, cela ne la dérange pas. Bon, ça tire un peu sur les bras... Elle manque de souplesse.

"Ca va?"

"Oui. Je crois oui."

"Avez-vous peur?"

"Oui. Mais ça va."

"Etes vous curieuse?"

"Oui. Ca oui..."

Il marche. Elle l'entend marcher, sans arriver à bien le situer, le son rebondit sur les pierres autour d'elle, elle se prend à penser qu'il pourrait être partout en même temps... Ca c'est flippant, comme pensée... Il s'est arrêté, et quelque chose siffle... Ca ne sonne pas comme la cravache, non, ça sonne...pire? Elle serre les dents, puis se force à respirer, pour ne pas laisser la peur la gagner inutilement.

"Savez-vous ce que j'attends de vous avant tout?"

"La ponctualité?"

Elle a répondu du tac-au-tac et réalise avant même d'avoir fermé la bouche que c'est une provocation. Il ne dit rien, mais ça siffle et elle sent le coup mordre sa cuisse gauche, c'est douloureux, dur et marquant, elle crie, un cri sauvage qui la transperce, et la laisse tremblante.

"Mauvaise réponse. Qu'est-ce que j'attends de vous avant tout le reste?"

"Que je sois gentille..."

Elle se fait timide, et douce, caressante. Elle espère l'amadouer. Ca ne prend pas, vous pensez bien : le coup suivant fuse et marque sa cuisse droite.

"Que je sois sage, je dois être sage."

Il rit, elle l'entend, même s'il tente de rire sans bruit. Elle sent une main caresser son sein droit, l'englober dans une douceur chaude et ferme, et sa voix murmure :

"Oui, vous devez être sage... Mais il y a d'autres mots encore plus parlants pour ça... Allez, cherchez encore..."

"Je...dois être...o...obéissante..."

"Obéissante, oui, j'aime ce mot..."

Il tien son téton entre ses doigts, ce n'est pas directement douloureux, mais elle se sent prise dans ses doigts comme si elle était un insecte sur le point de se faire écraser. 

"Obéissante...et...docile... Répétez..."

"Je dois être obéissante et docile..."

Pendant qu'elle répète, il tortille le téton, le malaxe, le tiraille, et elle se prend à penser qu'elle ne veut pas que cela s'arrête. Elle répète encore...

"Docile et obéissante..."

Il ne dit rien pendant un moment, se contente s'occuper de son sein, et lui laissant le temps de savourer les sensations pleinement. Elle frissonne délicieusement sous les tiraillements indécents. Puis il la lâche, doucement, et elle l'entend reculer.

"Les gens confondent souvent éducation et dressage, quand on parle de chiens. Ils veulent que leur chien sache faire le beau, et s'assoir et se coucher sur commande, mais ils oublient qu'avant tout le chien doit savoir où est sa place, connaître son maître et obéir sans se poser de questions sur ce qu'on attend de lui. Un chien qui ne comprend pas ce que son maître attend de lui ne fait que ce qu'il lui plaît. Il peut même devenir agressif.

C'est pareil avec les gens... Je ne vais pas vous demander de faire des choses avant que vous n'ayez bien compris quelle est la place que je vous réserve dans notre relation. Vous avez besoin de clarté et de comprendre ce que j'attends de vous exactement.

Savez vous pourquoi je vous vouvoie, alors même que j'ai tenu votre petite chatte entre mes doigts et que je vous ai vu jouir comme une petite salope?"

Il est volontairement cru, elle le sait. Il veut la choquer, et la forcer à se réfugier dans sa pudeur, elle sent le cri qui monte mais le force à redescendre bien loin dans ses entrailles. Elle répond juste :

"Non"

Il sourit, sans doute. Elle le sait, le sent, sans le voir. Mais sa voix a une nuance satisfaite quand il explique :

"Je suis votre supérieur. Vous êtes mon inférieure. Je veux imposer cette distance entre nous, ainsi je vous vouvoie. Et vous allez me vouvoyer aussi, et m'appeler Monsieur. Si vous oubliez votre place, je vous punirai, pas par sadisme mais parce que de votre comportement et du mien dépend la hiérarchie qui crée notre relation."

"Oui..."

Le coup claque sur ses fesse, sec, moins douloureux, mais surprenant, elle geint et serre les dents, il demande, neutre :

"Oui qui?"

"Oui...Monsieur"

Elle n'arrive pas à dissimuler un soupçon de moquerie dans sa réponse, de la provocation? de la rébellion? Juste un peu de dérision? Elle se crispe avant que le coup ne la touche, mauvaise idée, ça fait encore plus mal, elle crie, et les larmes lui montent aux yeux. Il ne dit rien et attend, elle dit :

"Oui Monsieur"

Sans plus aucune nuance de doute.



Il ne rit pas, il caresse sa nuque, et sa main l'apaise, aussi sûrement que s'il avait mis du gel anesthésiant sur sa douleur. Il continue à parler :

"Je dois avoir confiance en vous, et vous devez avoir confiance en moi. Respecter la distance entre nous, les rôles de chacun, ne veut pas dire que vous serez seule face à vos affres, ni que je serais seul à prendre du plaisir. Vous n'êtes pas mon égale mais vous êtes ma moitié dans cette relation.

Pour que cette confiance se crée il faut que vous compreniez que je dois apprendre votre corps. Je vous découvre, et vous vous découvrez en même temps, puisque pour vous ceci est nouveau. 

Vous allez devoir me dire ce que vous ressentez. Et à chaque instant je dois pouvoir vous toucher et vous analyser pour savoir ce que vous ressentez. Votre corps m'appartient dorénavant. Je sais, ça fait un peu cliché mais c'est une question de confiance, et de sécurité.

Mais ça ira plus loin que votre seul corps. Vos pensées doivent m'appartenir aussi : vous devez me les dire, sans rien me cacher. Et je soupçonne que cela vous sera d'autant plus dur qu'il y a des choses que vous vous cachez à vous-même."

Elle sent des frissons remonter dans ses reins le long de son dos, chaud et froid mêlés comme la lave du volcan qui touche la mer glaciale charriant des icebergs... Elle est l'Islande...

"Je suis l'Islande..."

"Pardon?"

"J'ai chaud, et froid... Ca fait envie et peur...je suis l'Islande, le volcan et la glace..."

Sa voix tremble, elle sent les larmes couler sur ses joues, des larmes de honte et d'espoir mêlés, indistincts : elle plonge dans sa honte et en espère le salut, le plaisir, le soulagement.

"Je comprends. Ca va passer quand vous aurez fait le tri de vos sensations..."

Plus rien, silence, puis le bruit des chaines sur le sol. Il attache une cheville puis l'autre.

"Ecartez vos jambes. Je vais vous toucher dans votre intimité, et vous allez devoir m'offrir votre corps, en toute confiance, sans le garde-fou du désir. Vous connaissez ce jeu où l'on se laisse aller dans les bras d'un collègue? C'est pire. Mais bien plus efficace."

Elle ne dit rien. Elle a du mal à bouger, mais elle écarte, un peu, ses cuisses, ses pieds sont lourds, du plomb, mais pas à cause des chaines...

Il est allé au mur, il tire la chaine de son pied droit, et elle doit écarter encore, plus, ça tire entre ses cuisses... Pareil du côté gauche. Elle est écartelée, et là, il n'y a plus moyen de se protéger ou de se sentir cachée. Elle est rouge, et des larmes coulent, sans discontinuer.

"Vous avez honte, n'est-ce-pas?"

Elle a du mal à arrêter de chialer pour dire oui.

"C'est normal. Ca passera. Et vous regretterez la honte parce qu'elle accompagne la nouveauté."

Il est très près. Elle ne le voit pas mais le sent, l'entend respirer. Il y a un bruit étrange, un flocfloc ou peut-être ploc... Elle connait ce bruit mais n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Puis au moment où il la touche elle comprend : il a mis un gant en latex. La sensation sur sa cuisse est terriblement étrange : le froid du gant, le glissé de la matière artificielle, mais dessous, la nervosité de la main. 

Il caresse l'intérieur des cuisses et commente au fur et à mesure de sa progression :

"Vous allez devoir prendre plus soin de vous. Cela fait partie de vos obligations envers moi : être nette, que votre peau soit soigneusement épilée. Pas rasée, mais épilée, à la cire."

Il remonte vers son entre-jambe et s'arrête :

"Vous allez devoir me dire ce que vous ressentez, tout, exactement tout ce que vous sentez quand je vais vous toucher. Je vais vous parler, vous poser des questions, et vous toucher en même temps, je veux connaître la moindre de vos sensations."

"Oui...Monsieur."

Il glisse un doigt sur un de ses lèvres, puis l'autre, elle n'arrive pas à s'empêcher de tressauter, pas surprise, mais gênée. Il persiste et demande :

"Vous n'étiez pas si farouche, hier soir. Expliquez moi pourquoi."

"Je...ne sais pas..."

"Mauvaise réponse."

Son autre main claque sur sa cuisse, et c'est douloureux, très, elle couine. Les mots se bousculent hors de ses lèvres :

"J'étais excitée, j'avais envie, je voulais jouir!!"

"C'est là toute la différence. N'est-ce-pas? Le plaisir fait oublier la honte, et la pudeur. La barrière tombe."

"Oui... Oui..."

"La différence, c'est que votre barrière ne devra plus jamais être remontée avec moi. Vous êtes à moi, à chaque instant."

Là, elle ne répond pas, mais lâche un sanglot. Il glousse :

"Votre chatte est mouillée : l'idée de m'appartenir vous excite donc?"

Pas de réponse. Il saisit les lèvres entre ses doigts et les tord, brutalement, elle crie :

"Oui! Oui!!!"

"Je préfère ça. A présent, dites-moi si vous êtes excitée à l'idée que je mette mes doigts en vous?"

"Ouiii..." Elle pleure de honte et son ventre brûle.

"Vous êtes véritablement perverse... "

Son doigt glisse sur son clitoris, elle gémit, il s'en saisit, entre le pouce et l'index, et tire dessus, le tortille, elle couine encore, c'est douloureux, mais ça lui donne chaud, si chaud... Son bassin vibre, ondule déjà, son ventre se serre en rythme... 

Il la relâche, et elle lâche un grognement frustré. Son autre main claque, fort, sur la fesse, deux, trois fois.

"Ce n'est pas vous qui décidez. C'est moi. Vous serez frustrée, mais vous n'aurez pas le droit de vous plaindre, parce que c'est moi qui dirige. Est-ce bien compris?"

Elle renâcle presque à lâcher le :

"Oui Monsieur"

Il a reculé, elle ne le sent plus près d'elle. Elle a froid, tout d'un coup, elle se sent frustrée, volée, et un peu...énervée, oui. Il joue avec elle et ça l'énerve.


"Vous êtes en colère, pas vrai?"


"Noooon..."


Quelque chose bouge dans l'air, et s'abat sur ses fesses, elle râle.


"Mauvaise réponse. Etes-vous énervée que j'ai cessé de vous toucher?"


"Oui."


Encore un coup, puis un autre, rapprochés, elle ne reconnait pas la sensation, c'est diffus et cinglant à la fois et ça chauffe.


"Monsieur...Vous avez oublié Monsieur."


"Oui Monsieur."


Il frappe encore, elle gémit et gesticule, constatant à quel point la position et les attaches la rendent vulnérable et incapable d'échapper au cinglant objet.


"J'ai rien fait!!!"


Il n'en a cure et continue, les fesses, le haut des cuisses, encore, en rythme, elle gémit sans arrêt, et pleure. La douleur irradie dans son arrière train, dans son ventre, dans ses os, ça chauffe, ça brûle, ça remonte le long de son dos, sa peau se couvre de perles de sueur, de frissons et des tremblements, ses mains accrochent les chaines et ses pieds ripent sur le sol.


Puis c'est fini... Juste comme ça.


Il la laisse souffler et demande :


"Encore en colère?"


"Non...Si! C'est pas juste!"


Et la douleur reprend, sur l'avant de ses cuisses, puis sur son ventre, des coups à des endroits qu'elle n'osait pas imaginer. Elle geint, et supplie...


"Pitié..."


Il espace les coups, pour pouvoir expliquer :


"Vous n'avez pas compris ce que je vous ai expliqué, pas vrai? C'est moi qui décide. Pas vous. Vous n'avez donc pas à me signifier votre frustration ou votre énervement. Vous devez avoir confiance en moi et en ce que je fais. Sans remettre en question ce que je fais."

Il frappe, et visiblement c'est pour la déstabiliser. Les coups tombent là où elle ne les attend pas. Et, insidieusement, elle...se détend, cesse de lutter. Elle sanglote, mais ne cherche même plus à esquiver des coups qu'elle ne sent pas venir de toute façon. Sa tête dodeline doucement au rythme de la flagellation et sa respiration se fait plus calme, plus régulière, quoi qu'encore sifflante. Il espace les coups encore, et cesse, presque comme une musique qui s'achève decrescendo avant que le son ne meure...

"Oui, ça c'est bien... Vous avez accepté l'inévitable... "

Il s'est rapproché de nouveau et ses mains, dont une gantée, caressent sa poitrine, tendrement. Elle gémit, doucement, presque dans un état second, auquel elle a du mal à s'arracher. Il la frôle très doucement, jusqu'à ce que sa respiration redevienne normale, libre de la contrainte de la douleur. Puis les mains descendent et se posent sur le bas de son ventre cuisant.

"La douleur est une excellente façon de réaliser à quel point nous ne sommes pas grand chose. Je m'en servirai pour que vous compreniez, lorsque vous vous rebellerez, que vous rechignerez à accepter."

Un doigt ganté frôle sa vulve, elle geint, presque imperceptiblement, mais elle ne bouge pas. Elle sent le frôlement, en cercles concentriques, son désir fuse à nouveau, incroyablement puissant, alors que son corps est déjà épuisé. Elle rejette la tête en arrière et soupire, guidée par la seule sensation qui l'envahit. Il la masse, la palpe, en rond, jouant avec l'orifice suintant de son envie, pulsant de son avidité. Le doigt s'immobilise cruellement :

"Parlez moi de la chasse... Vous avez eu peur, n'est-ce-pas?"

"Oui.. très peur..."

"Vous avez été soulagée quand ça a été fini?"

"Oui..."

Au seul souvenir, elle pleure à nouveau, un soubresaut de sanglots nerveux.

"Vous étiez soulagée d'être sauvée, d'être en sécurité, qu'on retienne les chiens?"

"Oui!"

"Parlez moi d'Andréas..."

Silence... Puis elle gémit... Le doigt s'éloigne de sa vulve, elle gémit plus fort... 

"Il... Il... "

"Dites-moi..."

"Il...était gentil... il m'a parlé gentiment... Il... "

"Oui, j'ai vu. Je ne parle pas de ça... Je parle d'après...quand je suis parti et qu'il a pris sa récompense."

"Non...Non... pitié..."

Elle serre les dents, le souvenir cuit dans sa mémoire, noue ses tripes, serre son coeur, qui remonte, remonte jusqu'à ses lèvres... 

Le doigt frôle à nouveau sa vulve, et un autre son clitoris, elle n'en finit plus d'osciller entre l'horreur et le plaisir...

"Qu'a-t-il fait?"

"Il...s'est...caressé..."

Le doigt glisse, glisse, plus vite... 

"Et vous avez aimé ça, pas vrai?"

Le doigt s'insinue, une phalange, rien qu'une, elle se cabre, son corps se cabre sans qu'elle le veuille et elle crache :

"Non!"

Le doigt se retire doucement, elle gigote...


"Siii...si...J'ai..."

Va et vient, contre l'orifice, torture des sens...

"J'ai aimé..."

Il la pénètre, elle s'abandonne.

"Oui, c'est évident. Vous mouillez comme une fontaine..."

Il n'insistera pas sur le sujet Andréas. Il fait aller et venir son doigt et la sent trembler et vibrer, perdue et éperdue de sensations enivrantes, d'autant plus qu'elle ne peut pas y échapper. Il l'amène aux portes de la jouissance, sans l'autoriser à les franchir... Puis il retire son doigt, et la regarde se mordre les lèvres pour éviter de gémir de frustration.

Il défait le bandeau sur ses yeux et elle voit, par terre, devant elle, une canne en bambou et un martinet aux longues lanières fines.

"Voilà ce que vous avez supporté ce soir."

Elle ne dit rien mais l'étonnement qu'on lit sur son visage parle pour elle. Une canne... 
Il a ouvert l'armoire, puis il défait les fixations des chaînes sur le mur, elle peut enfin rapprocher ses jambes, qui tremblent de fatigue. Il fait de même avec ses bras, qu'elle peut baisser jusqu'à sa taille. Puis il vient détacher ses poignets et ses chevilles, avant de la soutenir discrètement. Il l'entraîne vers la porte ouverte de l'armoire et lui montre le miroir.

Une femme la regarde, nue, échevelée, tremblante, et couverte de la taille aux genoux de marques rouges, gonflées, blanchâtres par endroits, comme si la chair avait été comprimée... Aux poignets et aux chevilles, des marques comme des bracelets primitifs... Et ce regard, cet air hagard, et pourtant...satisfait... et étonné aussi.

"Vous avez très bien supporté l'épreuve. Pas vrai?"

"Oui... Oui Monsieur"

Il hoche la tête mais ne dit rien, son regard appréciateur en dit assez long sur la satisfaction qu'il éprouve à sa réponse.
Il l'attire à nouveau au centre de la pièce, et elle se tient là, nue et un peu perdue.

"Il vous reste une dernière leçon à apprendre pour aujourd'hui. Vous me devez des excuses pour votre manque de ponctualité, et pour votre... indiscipline, votre frivolité... Vous m'avez sous-estimé, avez cru pouvoir passer outre ma volonté. Il vous faut faire amende honorable."

Elle le regarde, espérant qu'il va lui dire comment faire... Mais non, il se contente d'attendre. Elle murmure :

"Je suis vraiment désolée Monsieur, d'avoir été en retard. Ca en se produira plus."

Il n'a pas bougé, mais un demi-sourire soulève le coin de sa bouche

"Et vous croyez vraiment que ça suffit?"

Elle hésite... Il a croisé les bras et la regarde, droit dans les yeux, elle les baisse, rouge, elle tremble de nouveau et balbutie :

"Je vous demande pardon, s'il vous plait..."

Aucune réponse. Il ne bouge pas d'un pouce...

Une atroce idée s'est formée dans son esprit, ignoble, épouvantable, contre-nature... Elle serre les dents... Non... Elle lève les yeux, le regarde, il sourit, un petit sourire, neutre, il attend... Elle sent le froid dans son ventre, la certitude, une fois encore, qu'elle n'y échappera pas... Elle glisse... ses genoux plient... Elle tombe, vacille... se retient, une main sur le sol... La tête basse, presque inaudible :

"Pardonnez moi, s'il vous plaît, Monsieur..."

"Eh bien, il vous en faut du temps, parfois..."

Il s'est approché, a posé sa main sur sa tête et dit :

"Pour cette fois, je vous pardonne. Mais ne retentez pas l'expérience trop souvent, je pourrais me lasser et cesser d'être compréhensif."

Elle esquisse un mouvement pour se redresser, mais sa main appuie sur son crâne et elle comprend qu'elle n'est pas censée se lever.
Au contraire, il pousse sa tête vers le bas, elle se courbe, sans lutter, de toute façon ce n'est pas comme si elle en avait encore la force. Il se baisse, saisit ses deux mains et tire le haut de son corps vers l'avant, avant de poser ses paumes sur le sol. Elle a les fesses en l'air, le corps prosterné sur la terre battue... Il se redresse, marche autour d'elle, et s'accroupit de nouveau derrière elle : il saisit à plaines mains ses cuisses, et les écarte, largement... Elle sent ses genoux glisser, riper sur le sol. Une de ses mains flatte sa croupe levée, fait cambrer son dos.

"Retenez bien cette posture : lorsque vous aurez à me demander de vous pardonner une faute, ou que vous souhaiterez me soumettre une demande, vous devrez prendre cette position là. Croyez-moi, ça vous sera utile."

Elle a du mal à rester en place et bouge, il claque sa fesse et insiste :

"Ne bougez pas."

Elle l'entend aller à l'armoire, et entend à nouveau comme il met un gant en latex, un nouveau...

"Je change de gants régulièrement, c'est plus hygiénique."

Elle frissonne... La position anesthésie ses muscles déjà épuisés, et elle a l'impression qu'on souffle un air glacial sur son sexe exposé... Comment peut-on se sentir encore plus nue que nue?

"Je vous ai dit que votre corps devait m'être accessible à tout moment. C'est un des autres avantages de cette position, en plus d'être délicieusement humble."

La main parcourt ses fesses, caressante. Puis elle s'insinue entre elles, dans la raie ouverte. Elle passe et repasse à sa grande honte. Puis elle se retire, et elle entend un bruit de flacon qu'on ouvre, qu'on presse... Elle gigote, une claque la rappelle à l'ordre. La main revient à la charge, très précisément entre ses fesses, vers son anus qui se rétracte. L'autre main est posée sur le bas de son dos, et appuie, fermement, elle comprend qu'elle ne doit pas bouger... Elle bloque sa respiration, halète... Le doigt, encore ce doigt, qui frôle, qui titille, puis qui s'enfonce, alors qu'elle gémit sa pudeur, sa morale, perdues, envolées... Il tourne son doigt, longuement, ce n'est pas douloureux, juste étrange et perturbant, terriblement invasif... 

Puis il se retire doucement, se relève, marche, retire son gant, elle entend la pédale d'une poubelle.

"Levez-vous et habillez-vous. Vos 3 heures et vingt minutes sont écoulées. Allez vous coucher. Dormez, tant que vous en aurez besoin. nous nous verrons demain au déjeuner."

Il sort de la pièce et elle l'entend monter les escaliers, elle se recroqueville sur elle même, en boule, et n'a pas la force de pleurer.

Jeu 10 mar 2011 Aucun commentaire