Sadèmes, nouvelles sado-masochistes


 
 
Il était une fois une Reine cruelle et terriblement égoïste : elle voulait tous les hommes et toute l'attention pour elle-même et détestait l'idée même qu'on portât ombrage à son règne. Or elle avait une belle-fille fort jolie et fort douée pour s'attirer les faveurs des plus beaux mâles, qui tombaient à ses genoux comme des mouches, alors même qu'elle n'était qu'à peine majeure.
 
La Reine, terriblement jalouse, conçut un plan diabolique : elle fit venir son soumis le plus loyal et lui intima l'ordre d'emmener la jeune file dans la forêt et de la tuer. Mais l'homme, aussi fidèle qu'il fût à sa Reine, ne put s'empêcher d'éprouver un pincement de coeur à l'idée de détruire tant de beauté, d'élégance et de puissance de séduction... Il tua à la place de la jeune femme une biche et montra son coeur à la Reine pour lui faire croire qu'il avait rempli sa mission, mais la belle-fille était libre et s'enfuit dans la forêt.
 
Elle erra quelques temps, au point que ses vêtements se transformèrent en guenilles et que ses chaussures furent usées. Puis elle vit une petite maison, qui ma foi semblait fort douillette. Elle y entra, et y découvrit une table, autour de laquelle il y avait sept sièges, et dans la pièce adjacente, sept petits lits. Elle se pencha sur la marmite dans l'âtre, y trouva un ragout qu'elle dévora, puis elle s'allongea sur les sept lits et s'endormit.
 
Elle fut réveillée par les voix de sept étranges créatures : des mâles, mais petits, très petits, des nains! Elle leur sourit, et il leur sembla que le soleil venait de se lever sur leurs pauvres vies. Et dès cet instant, ils ne cessèrent de lui vouer un culte, comme à une déesse. Ils construisirent avec les sept lits une couche des plus moelleuses, et eux-mêmes dormirent à son pied, et les sept sièges servirent à fabriquer un grand fauteuil confortable, et les nains mangèrent dans leurs écuelles par terre, comme une portée de chiots.  
 
La journée, ils allaient à la mine et rapportaient pour leur déesse des pierres précieuses, et de l'or, dont elle faisait faire des bijoux, des ornements précieux, et qu'elle revendait pour s'acheter des toilettes somptueuses et des chaussures de prix. Et lorsqu'ils ne trouvaient rien à lui apporter, elle les punissait en les fouettant et en les exposant tout nus devant leur maison aux rires et aux quolibets des passants.
 
Bientôt, des princes vinrent de tous les royaumes alentours pour se jeter aux pieds de la jeune Maîtresse des nains, et son aura éclipsa celle de la Reine, qui en conçut une jalousie dévorante.
 
Elle décida d'aller voir cela par elle-même et se grima en vieille femme, en vendeuse de pommes. Elle toqua donc à la porte de la petite maison, qui avait depuis gagné plusieurs pièces et se trouvait flanquée d'un donjon de taille respectable :
 
"Bonjour, je viens vendre des pommes, je voudrais parler à la maîtresse des lieux, je vous prie..."
 
Un prince, qu'elle reconnut comme étant un de ses anciens adorateurs, lui ouvrit la porte, et déroula devant ses pieds un tapis plus moelleux que tout ceux qu'elle avait dans son palais. Enfin, elle se trouva devant le trône de sa belle-fille, car depuis longtemps elle avait remplacé son fauteuil par un trône richement décoré. Elle fit mine d'être percluse de rhumatismes pour ne pas s'incliner, et tendit son panier de pommes à la jeune femme, en dissimulant un sourire cruel, car en effet elle avait empoisonné les pommes : une bouchée et sa belle-fille en mourrait.
 
La jeune femme regarda les pommes, en prit une du bout des doigts, et sourit :
 
"Comme voilà une belle pomme, qui tombe à point nommé : je cherchais une idée pour tester la soumission de mon nouvel étalon que voici!"
 
Elle montra un prince agenouillé devant elle, dévêtu et le dos zébré de coups de griffes, sans doute infligés par les ongles longs et incrustés de diamants de la jeune femme.  
 
"Mes nains? Saisissez vous de lui et farcissez le aux pommes comme un goret qu'il est!"
 
Le prince couina comme un cochon qu'on égorge mais dût subir sa punition, car avant de lui enfoncer les pommes dans le fondement, les nains prirent soin de l'attacher solidement. Et la vieille Reine n'eut plus qu'à se retirer dans son palais déserté par ses adorateurs, pour finir sa vie étranglée de jalousie, et ridée de rage.
 
 
 
 
En hommage au groupe Rammstein, et à leur morceau "Sonne", au clip si évocateur, ainsi qu'à Naheulbeuk, et au terrible "Troll Farceur et Elfe Farci" 

Dim 15 nov 2009 1 commentaire
Remake bien sympatique...
Titia - le 10/02/2010 à 12h20
Coucou Titia! Un plaisir de te croiser par ici!
Kireseth