Sadèmes, nouvelles sado-masochistes
C'est sa mère qui vient l'accueillir, une femme bien habillée, délicatement fardée et coiffée, à son poignet accroché à une dragonne, un martinet en similicuir sauvage noir au manche incrusté d'améthystes de synthèse, le violet c'est LA couleur à la mode cette année. Elle embrasse sa fille sur les deux joues et tapote sa tête :
"T'en as mis du temps à rentrer du travail aujourd'hui! J'ai failli croire que tu découcherais, tu m'as fait de faux espoirs ma chérie..."
L'éternel débat : Maman ne comprend pas qu'à 35 ans, sa fille chérie n'ait toujours pas trouvé si ce n'est un soumis à son pied, au moins une relation un peu sérieuse. C'est vrai, toutes les adolescentes convenables de cet âge là ont déjà l'expérience d'une relation de dominante derrière elle, et certaines ont déjà un véritable harem à leur service en dernière année du lycée! Car bien entendu, la soumission c'est une chose qu'on peut essayer mais bon... On est dominante de mère en fille dans la famille depuis des siècles, la tradition a du bon et Honeymoon a de qui tenir.
"Bonjour ô ma fille chérie et adorée"
Son père, vêtu comme à l'accoutumée d'une simple short moulant en similicuir et collier autour du cou se prosterne aux pieds de Honeymoon et baise ses chaussures tour à tour, avant de prendre son sac et son manteau et de les accrocher à une patère.
"Euh, merci P'pa, mais je peux le fai..."
La voix tranchante de sa mère l'interrompt :
"Ma fille, tu sais que depuis que nous avons décidé par contrat d'une soumission totale H24 de ton père, tu dois lui permettre de s'épanouir entièrement en le laissant servir sa famille comme c'est son devoir! Alors cesse tes simagrées et viens donc t'asseoir sur la terrasse pour me raconter les raisons de ton retard. Il s'appelle comment? Hein? Petite cachotière?"
Elle cherche les mots, Honeymoon... Elle est installée dans la chaise longue et son père vient lui servir, à genoux et servile, un jus d'oranges fraîchement pressées, et sa mère la presse elle de questions sur son supposé nouveau petit copain... Elle inspire à fond et ose timidement :
"J'ai été me déclarer en mairie maman, j'ai rencontré personne hein? Sauf l'ordinateur du service d'état civil."
"Déclarée? Enfin!! Des mois que tu es majeure et que tu aurais dû te déclarer Dominante! Mais c'est une bonne nouvelle!!! Tu aurais pu me le dire, enfin, nous aurions fait une petite fête avec les voisines, ça aurait été très sympathique! Ooooh, ma fille est une vraie femme..."
Sanglots émus, embrassades convulsives, Honeymoon a du mal à se dépêtrer de la fierté maternelle et de la paternelle dévotion qui lui entoure les genoux et baise ses pieds, elle se lève et s'écarte, avant de lancer, presque comme un défi :
"Je me suis enregistrée comme soumise Maman! Je passe mon examen médical demain et je m'inscris à l'école pour le permis dans la foulée!"
Ca y est, c'est dit... Et si le tonnerre et les éclairs avaient pu s'abattre sur la petite terrasse au mépris des protections météorologiques sophistiquées qui donnaient à Tartifion-les-Puisettes son doux climat méditerranéen sans nuages, Maman n'en aurait pas été plus frappée que par cette nouvelle!
Elle suffoque, elle blêmit, elle devient violette à présent, assortie à ses similiaméthystes, et explose en larmes de fureur.
L'améthyste colère maternelle passe des pleurs aux cris de colère et de rage, tour à tour elle insulte, vomit, maudit puis déshérite sa progéniture, avant de s'affaler sur sa chaise longue, en
sueur, et le souffle court, congestionnée... Son mari s'approche avec un verre de jus qu'il lui tend, empressé et sincèrement inquiet, elle le regarde, et loin de la calmer, soudain, sa vue
semble la plonger dans une colère froide.
"C'est ta faute ça! C'est parce que tu es une loque que ta fille est comme ça!!! Tu vas morfler cher, je te le garantis!"
Le martinet s'abat, le jus se répand, et la colère maternelle a trouvé une nouvelle victime... Honeymoon tente de s'interposer, mais le père secoue la tête et regarde sa fille droit dans les
yeux, avec pour la première fois une sorte de mélange de respect, de fierté, de douleur aussi. Alors que sa femme le traine par une touffe de cheveux sur le sol vers la maison il fait un petit
signe de la main à sa fille et sourit.
Le lendemain matin, Maman est bien plus calme, elle a les yeux un peu cernés, mais elle sourit, un peu absente. Alors que sa fille se fait servir par Papa en tenue de soubrette un petit déjeuner
complet, elle explique :
"Je suis déçue ma fille... J'espérais vraiment que tu perpétuerais la longue tradition des Dominas de notre famille. Mais je dois me rendre à l'évidence : tu n'as jamais eu le caractère forgé
pour cela. Tu as toujours été attirée par une forme de souffrance et capable d'une confiance aveugle dans les autres. Tes cousines te faisaient déjà faire n'importe quoi étant enfant, et tu
semblais hermétique à la punition, comme si c'était normal que tu prennes pour les autres. J'imagine que j'aurais dû voir bien avant quels étaient tes dispositions réelles... Pardonne-moi mon
aveuglement ma fille."
Honeymoon regarde sa mère,puis son père qui souris, de nouveau sa mère... On dirait que par moment ce n'est plus Madame qui porte la culotte...
"Tu vas être en retard pour ta visite médicale! En route! Ton père va t'accompagner en aérocar"