Sadèmes, nouvelles sado-masochistes
"Il vous plaît n'est-ce pas Bérengère?"
Elle sursauta et regarda sa maîtresse un peu ahurie.
"Mais ne me regardez pas comme si vous aviez vu le malin pauvrette! "
Diane éclata de rire et serra la main de sa jeune suivante avant de l'entraîner vers ses quartiers. Diane de Poitiers était la nouvelle favorite de Henri, Roy de France. Elle avait la fougue de son rang, le feu de son esprit et l'aura de sa beauté pour toutes parures, et elle avait su en quelques mois ravager le coeur de toute la Cour de France en mêm temps que celui de son Roy. On savait bien que le mariage de Sa Majesté n'était qu'affaire de raison et que son coeur ne brûlait que pour la Duchesse du Valentinois.
Sa jeune suivante était de rang bien moindre. Fille cadette du Baron de Beaugency, Bérengère était la jeune veuve d'un cavalier de l'armée du Roy décédé lors d'une chasse à courre sur ses terres de Marqueyzac. La veuve enceinte se trouva prise dans une fort pénible affaire de succession entre les frères et l'oncle du défunt, et lorsque lui naquit une fille, elle jugea plus prudent de trouver refuge loin du domaine. Sa marraine l'avait prise sous son aile et présentée à la cour où Diane s'était émue de son malheur, et l'avait prise à son service. Depuis quelques mois donc, Bérengère servait la femme la plus puissante et réputée de France.
Et cela faisait d'elle une personne bien plus en vue que la petite veuve de Marqueyzac. Elle avait de nombreux admirateurs, n'étant pas mal faite de sa personne : grande, mince, aux petits seins hauts et à la silhouette souple, les cheveux de ce blond vénitien si prisé, le visage ovale, et les yeux en amande, vert d'eau. Mais son coeur soupirait après un homme bien trop retenu pour afficher en public ses préférences pour une dame. Diane avait bien compris ce qui attirait sans arrêt les yeux de la jolie blonde vers le Marquis d'Armentières.
Elles entrèrent dans la chambre de Diane, vaste pièce jonchée de tapis moelleux, là ou le commun devait se contenter de paille. Une grande baignoire de bois trônait devant la cheminée, son intérieur tendu d'un drap blanc pour que la Favorite ne se piquât pas à une écharde. Diane, aidée de Bérengère et d'une servante, se dévêtit et entra dans l'eau fumante et parfumée d'huiles précieuses, s'étirant dans un soupir de pure volupté.
"Bérengère? Quittez votre cotte et venez donc partager ce bain, le baquet est largement assez grand pour deux!"
Bérengère hésita, puis finit par obtempérer, moins gênée par la nudité que par le rang de Diane... Partager un bain c'est courant, mais avec une femme de haute noblesse et la Favorite du Roy... Diane congédia la servante, et Bérengère commença à lui frotter le dos, et à laver ses cheveux avant de les nouer en chignon sur sa tête. Ce faisant, elle frôla de ses seins les côtes de Diane qui gloussa :
"Croyez-moi très chère, vos appâts sont largement assez bons pour attirer bien plus renommé que d'Armentières!"
Bérengère rougit,et répliqua, avant de se mordre la langue d'avoir parlé si brusquement :
"Je ne veux pas l'attirer Madame! "
Diane éclata de rire :
"Mais alors, comment voulez vous qu'il s'intéresse à vous? Vous allez bien devoir lui signifier un jour que vous le trouvez attirant, et le séduire, si vous voulez qu'il s'attache à vous, petite bécasse! Vous êtes bien faite, jeune, on vous sait féconde aussi, puisque vous avez déjà une fille fort bien portante... Vous n'êtes pas riche, il l'est assez pour deux! Et vous avez la faveur du Roy en plus de la mienne. Vous ne manquez pas d'attraits! Cependant..."
Diane glissa sa main sur la joue de la jeune femme, songeuse...
"Cependant ma mie vous manquez... de ce qui fait d'une femme une femme irrésistible... Vous êtes... trop...Comment vous dire cela sans vous froisser... Sage."
Bérengère fronça les sourcils, un peu perdue :
"Sage Madame?"
"Oui, sage. Vous donnez cette impression d'être totalement ignare des choses qui font qu'un homme va s'enticher d'une femme, et ne plus vouloir la quitter. Des choses de la chair, pour parler cruement! Allons, vous avez des avantages, apprenez à vous en servir! Vos yeux, votre regard, coulez les vers lui par dessous vos cils pour vous donner l'air mystérieuse, cambrez vos reins pour jouer de votre buste et de votre poitrine... N'avez-vous donc jamais éprouvé ce désir d'aguicher l'envie de feu votre époux?"
Bérengère grimace. Feu le cavalier n'était pas vraiment porté sur la chair, pas avec son épouse en tout cas, et elle avait eu la paix pendant son mariage : il ne venait dans son lit que quelques jours par mois et s'y faisait très discret. Il l'avait déflorée avec moultes excuses d'avoir à lui faire mal, et s'était toujours montré aussi poli et prévenant ensuite. Diane vit le visage de Bérengère se crisper et soupira :
"Par tous les Saints! C'est donc pire que ce que je pensais!!! Vous n'avez donc jamais pris de plaisir avec votre époux? Jamais eu d'amant non plus? "
Bérengère ne put que secouer la tête, penaude.
"Eh bien, nous allons devoir remédier à cela ma douce! Voyez-vous, on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre et d'Armentière aime les femmes sensuelles et aguerries aux arts de l'amour."
Diane sourit et tend la main pour venir taquiner la pointe du sein de Bérengère, qui se dresse sous ses doigts fins, arrachant un cri étouffé à sa propriétaire.
"Commencez par...vous détendre, et par écouter votre corps, et ce qu'il vous murmure. N'avez vous jamais rêvé, la nuit, en pensant au cher Marquis?"
Bérengère rougit jusqu'aux oreilles et se cache le visage d'une main.
"Je m'en doutais... Cela vous fait-il chaud? Votre ventre se serre-t-il presque douloureusement au point que vous ayez envie de serrer vos cuisses l'une contre l'autre et de les frotter pour vous apaiser? "
La jeune femme hocha la tête vivement, incapable de parler. Diane caressa le sein plus avant, et tordit doucement le petit bouton entre ses doigts, la femme se cambra sous le toucher impérieux, et une brusque montée de désir encore mal exploré. L'autre main de la Favorite se coula dans l'eau du bain et vint frôler le ventre et se lover entre les cuisses, délicate mais implacable... elle les écarta doucement, alors que Diane murmurait :
"Fermez les yeux et imaginez le Marquis comme dans vos rêves, quand il vous regarde, et vous touche... Ouvrez vos cuisses ma petite douceur et vous sentirez comme votre chair l'appelle et le désire."
La main avait ouvert les cuisses dociles et s'aventurait dans la fente timide, pour titiller le bouton encore vierge alors que Bérengère se mordait la lèvre, pour étouffer un cri étranglé. Les doigts glissaient et frottaient le clitoris qui gonflait et se déployait comme une fleur qui s'ouvre, les cuisses frémissaient, et soudain un doigt plongea vers l'antre palpitant. Bérengère sursauta, et Diane claqua de la paume de son autre main sur le sein, sèchement :
"Cessez de gigoter comme une enfant timide! Allez, debout, et tenez vous aux bords du bain! Et si vous vous avisez de bouger je vous mordrai au sang!"
Bérengère s'exécuta, tremblante d'excitation et d'anxiété... Elle connaissait les fureurs de Diane et savait qu'il valait mieux ne pas la contrarier. Elle se leva donc, les deux mains sur les rebords du baquet, les cuisses serrées à nouveau, ce qui lui valut une claque sur la fesse :
"Ouvrez donc, plus grand! Vous ai-je dit de vous refermer comme une huître, petite dinde? Comment voulez-vous qu'on vous honore si vous restez plantée là comme un piquet de tente?"
Bérengère ouvrit donc ses cuisses et gémit en sentant la tête de sa maîtresse s'insinuer entre elles, et ô effroi, sa bouche se poser sur l'intérieur de ses cuisses puis sur son intimité à la toison bouclée. Elle balbutia un :
"Je... vous en prie... Madame... Pitié!"
dont bien entendu, Diane ne tint absolument pas compte. Au contraire, la Duchesse plongea sa langue entre les cuisses fuselées et commença à lascivement lécher la douce fente de pêche, fouillant chaque recoin de chair pour trouver l'entrée camouflée derrière et s'y engouffrer, se dardant vers la chaleur du ventre de la suivante en un va et vient de plus en plus rapide. La jeune femme s'agrippait aux rebords du bain, les phalanges blanchies par l'effort, et ses yeux papillonnaient entre plaisir et crainte, elle haletait, éperdue, elle ondulait comme un saule pleureur au vent d'orage, secouée de tremblements, des gémissements toujours plus forts s'échappaient de ses lèvres ouvertes sur une expression de douce surprise... Et elle se convulsa dans une jouissance inconnue, avant de plier, rompue, et de tomber à genoux dans le bain, sous le rire de gorge, chaud et velouté, de la Duchesse.
"Eh bien, eh bien...Peut-être ferons-nous quelque chose de vous ma petite, si les petits cochons ne vous mangent pas avant. Nous prendrons plus souvent notre bain ensemble, vous êtes encore bien ignorante de ce que vous avez à découvrir de vous et de vos charmes. Et qui sait... Nous devrions peut-être convier ce cher d'Armentières à se joindre à nous? Ou même mon bon Henri?"
La suivante se cacha sous l'eau pour calmer ses joues rouges de honte et de panique, encore secouée de son expérience nouvelle, sous les rires perlés de sa maîtresse qui roulèrent sur les murs comme une cascade à la fonte des neiges.
Sam 24 oct 2009
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