Sadèmes, nouvelles sado-masochistes


Il est tôt, très tôt, à la boulangerie banette : il travaille déjà depuis une bonne heure, à former des baguettes et des pains ronds avec la pâte qui a levé cette nuit en douceur dans la chaleur moite de la boulangerie, et qui dégage une odeur doucement acide et fruitée de ferments.
Elle arrive toujours un peu plus tard, mais elle a du mérite aussi de venir si tôt, parce qu'en général c'est elle qui clôt la boutique le soir vers 19h. Elle porte déjà sa tenue de travail, jupe aux genoux, chemisier élégant, talons pas trop hauts, pour ne pas avoir les jambes gonflées en fin de journée, c'est qu'elle travaille à la caisse, elle... Elle est coiffée d'un casque de cheveux vaporeux, bouclés, et gourmands comme une mousse couleur caramel fondu.
Elle enfile une blouse blanche et pose sur ses cheveux le calot règlementaire, avant d'entrer dans l'atelier, et de soigneusement fermer la porte.


"Bonjour mon chou."

"Oh! Bonjour la belle!"

"Je vois que tu as bien avancé...  "

Joueuse, elle pique un bout du pâton qu'il manipule avec doigté, et l'étire entre ses doigts fins, aux ongles couleur chocolat.


"Mais il est temps de passer aux choses sérieuses, non? Allez! Tu sais ce que tu as à faire!"

Il frissonne longuement, d'appréhension et d'anticipation... Il pose ses boules de pâte, les pousse sur le coté, nettoie son plant de travail et commence à se dévêtir, ôtant sa blouse blanche, son t-shirt et son pantalon de toile pour se planter, en caleçon, devant la table, les mains dans le dos.


"Non...ça ne va pas, le caleçon ça froisse, je te veux tout lisse, et tout soyeux! Ôte moi ça, et la prochaine fois, tu porteras les slips moulants que j'ai achetés hier."

Il fait glisser l'objet de déplaisir sur ses hanches et ses jambes et le roule en boule qu'il jette dans le coin le plus éloigné de la pièce.

"C'est mieux... Sur la table ma petite boule! On va te pétrir les miches, tu es tout ramolli là, ça manque de ressort!"

Il s'allonge sur le ventre sur la table froide et elle s'approche, fait craquer ses doigts et commence à pétrir ses fesses et ses cuisses. Elle malaxe sans douceur, palpe et roule et étires ses chairs, jusqu'à les chauffer, roses.
Puis elle trempe sa main dans le sac de farine et fleure la surface, la tapote, nuage blanc, éternuements et rires, elle plante les ongles dans la pellicule claire, pour former des motifs, des feuilles et des volutes de farine sur sa peau. Elle frappe les fesses blanches et rosées et l'excédent s'envole et virevolte dans l'air. Puis elle retourne le pâton, et le malaxe encore, les cuisses, le ventre, puis les petites boules de pâte entre les deux, sous les gémissements étouffés.


"Bon, il ne faut pas trop pétrir ou la pâte perd son élasticité! Il est temps de l'entailler pour qu'elle respire mieux et lève une dernière fois!"

Il proteste un peu, là, tout de même, l'entailler, ça fait mal! Elle secoue la tête :


"C'est qu'il faut souffrir pour être une bonne pâte mon vieux! Et puis tout ça demande du silence, et de la concentration! Alors tais-toi et souffre! Non mais..."

Elle a saisi une boule de pâte crue, de la taille du poing, son et graines de tournesol dessus pour décorer, et la lui enfonce dans la bouche. Il goûte la plaisanterie mi-figue mi-raisin, ça a le goût des graines, de la terre et du ferment cru, un peu fort, un peu aigre, ça colle aux dents, et le fait un peu saliver... Mais il ne parle plus c'est l'essentiel.
Elle prend la lame de rasoir, et commence à quadriller la peau de la pointe en l'effleurant à peine, joueuse, et se délectant des frissons de peur délicieuse qu'elle provoque. Petits coups, griffures à peines visibles, mais c'est pas mal qu'elle veut faire, c'est juste jouer à faire mal.
Il agrippe ses mains aux rebords de la table, et mâche son baillon-pâton avec nervosité, mais son sexe dur dépasse de la couche de farine et trahit qu'il adore ça, au fond... elle rit aux éclats et s'en saisit pour le malaxer :

"Ooooooooh! La jolie flûte! Le joli petit pain au lait! Mais c'est que ça manque de glaçage tout ça mes enfants!!! Alors, pour un glaçage au sucre réussi, il faut du sucre glace..."

Aussitôt dit, aussitôt fait, une bonne cuillère de sucre, ça gratte, ça rape, ça frotte, c'est bon...


"Et de l'eau fraîche!"

une giclée d'eau sur le membre sucré, ça coule, c'est gluant à présent...


"Et mélanger vigoureusement, jusqu'à obtenir un mélange homogène, blanc transparent..."

Elle mélange donc, va et vient, plus fort, et plus vite et il se contracte dans le plaisir, pour s'abandonner à cette douce fantaisie, collant et sentant le sucre, et il jouit sur son propre ventre.

"Pour finir, étaler à la spatule, c'est plus joli..."

Elle empoigne la spatule et la passe sur son abdomen pour étaler le fruit de son labeur matinal, mirant la brillance de son glaçage parfait.


"Aaaaaaaaaah, j'aime les petits pains briochés et glacés au sucre... Il manque un détail cependant!  "

Elle attrape un sachet rose dans l'étagère, le déchire avec les dents et en verse le contenu en pluie sur le corps encore chaud et alangui de plaisir : sucre cristal, grêle de douceur, il rit, et s'abandonne au grésil sur sa peau, ça picote, il est bien...
Elle lave déjà ses mains, et les frotte avec un torchon propre.


"Va falloir que tu fasses le ménage à fond... Mais la recette est réussie je crois, faudra remettre ça un de ces jours, avec des pépites de chocolat. Mais dimanche prochain je tenterai d'abord des viennoiseries. J'ai en tête de faire des chocolatines... La difficulté je pense ce sera de te fourrer aux barres de chocolat noir, par en haut et par en bas!"



Je dédicace celle-ci de gaminerie à Jolyroger.
Sam 24 oct 2009 Aucun commentaire