Sadèmes, nouvelles sado-masochistes
Scène de jalousie, elle regarde la fille hurler, se déchainer contre son cavalier, le fustiger, l'insulter, il hausse les épaules, soupire, lève les yeux au ciel et soudain, ça claque, la gifle, le son la sidère, elle porte la main à sa joue par mimétisme, la fille s'est tue, de grosses larmes coulent de ses yeux trop maquillés, quelques sourires dans l'assistance, clients du club, le videur...
Elle serre son vison autour d'elle, enroule les perles sur son poignet par habitude et se tourne vers Helen :
"Allez, on s'arrache, ça commence à tourner beauf ici. Jasper? Champagne. Et arrangez-vous pour prendre le chemin le plus long pour rentrer aussi, je suis pas pressée..."
Retour à la maison, portes qui claquent, son père la regarde passer, whiskey à la main...
"Tu ne devrais pas sortir si tard, chérie, que vont penser les gens?"
Regard dégoûté :
"Que je suis comme ma mère? Une fille de mauvaise vie? Tant mieux, pour ce que ça me fait..."
"Mais tu sais que c'est mauvais pour mon image chérie! Tu ne voudrais pas que Papa ait des soucis avec ses investisseurs angel, pas vrai?"
"Je m'en fiche... De toute façon t'as que ça à la bouche. Nan, tiens, j'vais même pas rester là, j'me barre, j'vais dormir chez Helen!"
Reclaquage de porte, cris...
"JASPEEEEEEEEER!"
Arrivée chez Helen, petit appartement d'étudiante pas trop riche, le vison valse sur le lit défait, la fille s'y vautre, jambes écartées sur ses dessous de dentelle fine sous la jupe perlée, bas noirs, porte-jarretelle... Ses cheveux courts, garçonne, sont un peu défaits, elle joue avec la mèche de son accroche-coeur, moue boudeuse... Helen est déjà en chemise de nuit, et se marre :
"Encore une dispute avec Papa chéri, Angelchou? Alors? que t'a-t-il fait cette fois? Il a refusé que tu invites tes quatre soupirants en même temps dans ton lit?"
"Mais n'importe quoi... Non, il est juste... tellement mou, tellement...dans son monde, comme si j'existais pas. Comme si j'étais juste une sorte de truc gênant pour sa carrière..."
"Tu sais que tu racontes n'importe quoi Angie? Il t'aime... Il sait pas te prendre, mais il t'aime énormément!"
"Mais pourquoi est-il comme ça, si...si... Ah mais comme il m'énerve! Je pourrais danser toute nue sur le gazon ou proposer mes charmes aux voisins en sonnant aux portes que ça lui ferait ni chaud ni froid!"
Elle s'est levée, marche de long en large, les mains serrées sur les perles de sa robe, tape du pied, du poing sur la coiffeuse...
"Il a même pas râlé pour la manifestation de féministes de l'autre jour, pas un mot, juste son regard déçu de cocker... Helen, j'en peux plus, il m'énerve, il..."
La gifle claque, résonne, le son la sidère, elle porte la main à sa joue par surprise, deux grosses larmes de douleur roulent de ses yeux, elle se laisse tomber sur le lit, hagarde, sans voix...
"Ben voilà, ça va mieux, non? Tu la voulais depuis un moment celle là, pas vrai Angie? J't'ai vu reluquer la greluche de tout à l'heure quand son mec lui a collé sa paluche sur la figure... Je t'ai sentie envieuse... Maintenant, t'es pas obligée de faire grimper ton vieux au cocotier pour avoir une baffe de temps en temps hein? Tu me le dis, je t'en colle une c'est aussi simple que ça."
Elle hésite, la main sur sa joue qui la brûle délicieusement, un long frisson la parcourt, et un soupir s'échappe de ses lèvres, soulagé, enfin elle a éclaté la bulle, la bulle de pus... Elle éclate de rire...
"Si j'avais su que c'est si simple... Je t'aime Helen tu sais?"
"Je sais, je sais... T'es calmée? Parce que j'aimerais bien dormir, j'ai un cours de littérature bien pénible demain matin."
"Oui oui, on va dormir...Mais...tu...tu veux pas juste m'en remettre une autre hein? Dis? S'il-te-plaît?"
Sam 24 oct 2009
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